{"id":690,"date":"2015-08-19T00:29:43","date_gmt":"2015-08-18T23:29:43","guid":{"rendered":"http:\/\/www.projetsoha.org\/?p=690"},"modified":"2015-08-25T23:05:53","modified_gmt":"2015-08-25T22:05:53","slug":"690","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.projetsoha.org\/?p=690","title":{"rendered":"Comment s\u2019impliquer avec les participants dans la recherche de terrain"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/nuffieldbioethics.org\/wp-content\/uploads\/african-girls-slide.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft\" src=\"http:\/\/nuffieldbioethics.org\/wp-content\/uploads\/african-girls-slide.jpg\" alt=\"\" width=\"309\" height=\"141\" \/><\/a>Traduction de <strong><a href=\"http:\/\/www.scidev.net\/global\/communication\/practical-guide\/engage-participants-field-research.html\" target=\"_blank\">How to engage with participants in field research<\/a>, publi\u00e9 sur Scidev-net le 8 septembre 2014 sous licence Creative Commons<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>Auteur: Obidimma Ezezika, PDG de The African Center For Innovation and Leadership Development et\u00a0 Charg\u00e9 de Cours \u00e0 The Dalla Lana School Of Public Health, University of Toronto.<\/p>\n<p>Traduction b\u00e9n\u00e9vole : Samir Hachani, professeur, Universit\u00e9 d&rsquo;Alger 2 et membre du projet SOHA<\/p>\n<h2>Id\u00e9es centrales\u00a0:<\/h2>\n<p>Comment b\u00e2tir la confiance avec les communaut\u00e9s impliqu\u00e9es dans votre recherche\u00a0? Obidimma Ezezika partage ses conseils et exp\u00e9rience<\/p>\n<ul>\n<li>B\u00e2tir la confiance est le fondement crucial d\u2019une recherche r\u00e9ussie sur le terrain.<\/li>\n<li>La confiance d\u00e9coule autant de l\u2019\u00e9coute et de la compr\u00e9hension que de la transmission d\u2019information<\/li>\n<li>Une bonne communication suscite souvent des suggestions qui am\u00e9liorent la recherche<\/li>\n<\/ul>\n<h2>Introduction<\/h2>\n<p>Vous \u00eates sur le point d\u2019entamer un projet de recherche dans un pays en d\u00e9veloppement. Peut-\u00eatre allez-vous mener un essai clinique, imaginer la meilleure mani\u00e8re de mettre en place un projet de d\u00e9veloppement ou demander \u00e0 des paysans de tester des graines modifi\u00e9es ou d\u2019autres technologies.<\/p>\n<p>La r\u00e9ussite de votre projet d\u00e9pend largement de la mani\u00e8re dont vous communiquez avec les personnes participant \u00e0 votre recherche. Par o\u00f9 allez-vous commencer\u00a0? Quelles comp\u00e9tences en communication sont n\u00e9cessaires pour s\u2019impliquer dans une communaut\u00e9 et b\u00e2tir la confiance\u00a0?<\/p>\n<p>J\u2019ai r\u00e9fl\u00e9chi \u00e0 ces questions au fil des recherches que j\u2019ai men\u00e9es dans huit pays en d\u00e9veloppement. Dans cet article, je voudrais partager mes exp\u00e9riences pour vous aider \u00e0 identifier les aspects essentiels de la communication efficace qui permettront \u00e0 votre projet de recherche de voir le jour.<\/p>\n<h2>Viser en priorit\u00e9 la confiance<\/h2>\n<p>Votre but, en communiquant d\u2019une mani\u00e8re efficace avec les communaut\u00e9s, est de b\u00e2tir une confiance mutuelle qui soutiendra votre projet de recherche, et qui rendra l\u2019exp\u00e9rience aussi b\u00e9n\u00e9fique que possible pour la communaut\u00e9. Si vous avez besoin d\u2019\u00eatre convaincu(e) que la communication est importante pour votre recherche, r\u00e9fl\u00e9chissez \u00e0 ce qui arrive quand elle ne fonctionne pas.<\/p>\n<p>Dans le cadre d\u2019un projet dans le nord du Nig\u00e9ria, nous avons constat\u00e9 que l\u2019initiative de vaccination contre la polio pi\u00e9tinait parce que les inqui\u00e9tudes de la population et des mythes sur l\u2019immunisation avaient circul\u00e9 sans jamais recevoir de r\u00e9ponse de la part des acteurs de la sant\u00e9 publique. Cette situation refl\u00e9tait la m\u00e9fiance des responsables de sant\u00e9 gouvernementaux envers la communaut\u00e9 et leur \u00e9chec \u00e0 communiquer avec les leaders religieux (1).<\/p>\n<p>Au Cambodge, des chercheurs abandonn\u00e8rent des essais du Tenofovir, un m\u00e9dicament pr\u00e9ventif du VIH, car leur projet, d\u00e8s sa conception, n\u2019avait pas su prendre en compte ad\u00e9quatement les besoins sociaux et culturels de la population. Par exemple, il n\u2019avait pas organis\u00e9 de consultation ou de s\u00e9ance d\u2019information et de dialogue pour les communaut\u00e9s cibl\u00e9es (2).<\/p>\n<p>Une implication efficace se produit quand la communication est bi-directionnelle et g\u00e9n\u00e8re une confiance mutuelle entre la communaut\u00e9 et les chercheurs et chercheuses, si bien que ces derniers sont capables d\u2019aborder toutes les pr\u00e9occupations que la communaut\u00e9 pourrait avoir au sujet de la recherche.<\/p>\n<p>Dans l\u2019exemple nig\u00e9rian, une fois les leaders religieux impliqu\u00e9s, et une fois apais\u00e9e la perception g\u00e9n\u00e9rale que l\u2019immunisation \u00e9tait une mani\u00e8re secr\u00e8te de contr\u00f4ler la population, le programme de vaccination put continuer.<\/p>\n<p>Le mois dernier un coll\u00e8gue et moi avons publi\u00e9 un papier dans lequel nous expliquons qu\u2019une communication ax\u00e9e vers l\u2019\u00e9tablissement de la confiance mutuelle est plus efficace qu\u2019une simple pr\u00e9sentation d\u2019information ou d\u00e9marche de sensibilisation qui sont souvent les strat\u00e9gies caract\u00e9ristiques de la communication en recherche (3)<\/p>\n<h2>Commencer d\u00e8s le d\u00e9but du projet<\/h2>\n<p>Une mani\u00e8re de b\u00e2tir la confiance avec les communaut\u00e9s est de s\u2019impliquer avec les participants d\u00e8s que l\u2019occasion se pr\u00e9sente, sans attendre. Prenons l\u2019exemple de <em>The African Malaria Network Trust<\/em> (AMANET), l\u2019organisation pan-africaine non gouvernementale qui g\u00e8re les essais cliniques du vaccin contre la malaria en Afrique. Elle entre en contact avec les \u00a0communaut\u00e9s avant de commencer les essais cliniques, afin d\u2019avoir la possibilit\u00e9 de r\u00e9pondre aux \u00e9ventuelles inqui\u00e9tudes des personnes au sujet du design de la recherche.<\/p>\n<p>AMANET commence par dialoguer avec les responsables gouvernementaux et les personnes qui sont consid\u00e9r\u00e9es comme des parties prenantes importantes ou des leaders de la communaut\u00e9. Son but est d\u2019obtenir leur permission et leur adh\u00e9sion au projet &#8211; parce que ces personnes peuvent soutenir ou, inversement, compromettre\u00a0 un projet -, de les \u00e9couter et d\u2019aborder leurs \u00e9ventuelles inqui\u00e9tudes, avant de rencontrer les communaut\u00e9s dans leur ensemble.<\/p>\n<p>Par exemple, dans un cas, les chercheurs et chercheuses consult\u00e8rent en premier lieu des repr\u00e9sentants du Minist\u00e8re de la sant\u00e9 publique et de la Mairie. Ils rencontr\u00e8rent ensuite les chefs de village, les anciens et les membres de la communaut\u00e9, toujours en pr\u00e9sence des responsables gouvernementaux locaux. AMANET affirme que ce genre de pratique aide \u00e0 \u00e9tablir une relation avec tous les membres de la communaut\u00e9 (4). Une communaut\u00e9 qui n\u2019aurait pas de sentiment d\u2019appartenance envers un projet pourrait ne pas y participer et m\u00eame protester contre le projet, comme ce fut le cas pour les essais du Tenofovir au Cambodge.<\/p>\n<p>Dans ce genre de r\u00e9union, demandez aux leaders du village de se pr\u00e9senter et demandez aux chercheurs et chercheuses d\u2019expliquer l\u2019\u00e9tude propos\u00e9e. Consid\u00e9rez de faire appel \u00e0 des traducteurs pour communiquer aussi en langue locale.<\/p>\n<p>Assurez-vous de r\u00e9server du temps aux membres de la communaut\u00e9 et aux chefs de village qui voudront poser des questions au sujet de l\u2019\u00e9tude propos\u00e9e : de quelle mani\u00e8re seront s\u00e9lectionn\u00e9s les participants et participantes? Est-ce que la communaut\u00e9 aura quelque chose \u00e0 gagner? Combien durera le projet?<\/p>\n<p>Il est g\u00e9n\u00e9ralement important de se faire accompagner d\u2019un ou de deux personnes repr\u00e9sentant les bureaux gouvernementaux initialement consult\u00e9s, car leur pr\u00e9sence peut vous apporter plus de cr\u00e9dibilit\u00e9 avec la communaut\u00e9.<\/p>\n<h2>\u00c9couter et apprendre<\/h2>\n<p>La participation de la communaut\u00e9 peut am\u00e9liorer le d\u00e9roulement de votre recherche. Durant cinq ans, entre 2008 et 2013, avec des coll\u00e8gues du Sandra Rotman Centre du Canada,\u00a0 j\u2019ai entrepris l\u2019\u00e9valuation du projet du Water Efficient Maize for Africa (WEMA -Ma\u00efs \u00e9conome en eau pour l\u2019Afrique), un consortium qui d\u00e9veloppe un ma\u00efs r\u00e9sistant \u00e0 la s\u00e9cheresse pour les petits\u00a0 fermiers.<\/p>\n<p>Le but de l\u2019\u00e9valuation \u00e9tait d\u2019identifier et d\u2019aborder les probl\u00e8mes \u00e9thiques, sociaux et culturels qui avaient pu ou pourraient surgir au cours de la recherche.<\/p>\n<p>Au d\u00e9but, nous avons test\u00e9 nos instruments d\u2019audit social avec quelques personnes qui \u00e9taient des partie prenantes de WEMA. L\u2019analyse de leurs propos nous a conduits \u00e0 r\u00e9viser nos instruments et \u00e0 les tester de nouveau dans 26 entrevues avec participants et participantes du secteur agricole, y compris des fermiers au Kenya, au Mozambique, en Afrique du Sud et en Tanzanie.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9coute attentive de ces entrevues pilotes nous a conduits \u00e0 faire d\u2019autres changements dans la mani\u00e8re de mener nos entrevues(5). Nous avons fait chaque ann\u00e9e 100 entrevues avec diff\u00e9rents participants et participantes repr\u00e9sentant cinq pays. Leurs r\u00e9ponses conduisirent \u00e0 des changements dans le projet de recherche \u00a0WEMA. A titre d\u2019exemple, apr\u00e8s avoir entendu les fermiers qui voulaient plusieurs caract\u00e9ristiques dans leurs graines, le projet a produit des vari\u00e9t\u00e9s multi-caract\u00e9ristiques.<\/p>\n<h2>Faites connaissance avec vos participants<\/h2>\n<p>Une fois vos participants et participantes s\u00e9lectionn\u00e9s, vous devrez faire leur connaissance. Cela ne veut pas dire les connaitre en tant qu\u2019individus, mais connaitre assez leurs perceptions pour savoir comment communiquer avec eux et elles de la mani\u00e8re la plus efficace. Par exemple, vous devez savoir \u00e0 quel point ils et elles comprennent le sujet que vous \u00e9tudiez et quelles sont leurs attentes et vous devrez comprendre le contexte culturel et social dans lequel ils \u00a0et elles vivent.<\/p>\n<p>En fait, il est important de chercher \u00e0 comprendre de mani\u00e8re authentique la culture de la communaut\u00e9. Poser des questions plut\u00f4t que faire des suppositions et \u00e9couter plut\u00f4t que pr\u00eacher, particuli\u00e8rement quand on explore les peurs et les sentiments des personnes au sujet du projet de recherche. Si on permet \u00e0 la peur et la d\u00e9sinformation de s\u2019installer, il y a peu de chance que la communaut\u00e9 s\u2019investisse dans la recherche.<\/p>\n<p>La meilleure mani\u00e8re de connaitre vos participants est de passer du temps dans la communaut\u00e9 et de contacter les instances locales telles que les institutions de recherche situ\u00e9es dans les communaut\u00e9s o\u00f9 vous voulez effectuer votre recherche.<\/p>\n<p>Durant le projet WEMA, par exemple, nous avons organis\u00e9 des groupes de discussion pour recueillir les opinions des paysans sur le projet de recherche. Nous avons pos\u00e9 des questions aux membres de la communaut\u00e9 sur leurs inqui\u00e9tudes \u00e9ventuelles; ils nous ont alors parl\u00e9 de leur souhait qu\u2019existent de petites compagnies de graines vendant et distribuant de nouvelles vari\u00e9t\u00e9s de ma\u00efs, notamment un ma\u00efs tol\u00e9rant \u00e0 la s\u00e9cheresse, mais aussi aux insectes. Les chercheurs de WEMA s\u2019efforc\u00e8rent de r\u00e9pondre \u00e0 ce souhait dans l\u2019ann\u00e9e qui a suivi le projet.<\/p>\n<p>Selon l\u2019\u00e9chelle de votre projet et la taille de la communaut\u00e9 o\u00f9 vous travaillez, vous pourriez vouloir formaliser vos relations avec les organisations locales et consid\u00e9rer qu\u2019elles font partie du projet. Cependant, il est important de vous assurer que l\u2019organisation avec laquelle vous \u00eates en lien, quelle qu\u2019elle soit, ait une bonne r\u00e9putation dans la communaut\u00e9 et de bons ant\u00e9c\u00e9dents. De plus, embaucher la main d\u2019\u0153uvre locale est important pour vous aider \u00e0 vraiment comprendre la communaut\u00e9 et \u00e0 diriger votre projet efficacement.<\/p>\n<p>Quand je vais dans un village avec lequel je ne suis pas familier, je m\u2019assure d\u2019avoir un chauffeur ou un guide de voyage qui parle la langue locale, ainsi qu\u2019un traducteur local. Parfois, je contacte d\u2019autres organisations partenaires qui me pr\u00e9sentent une personne de la communaut\u00e9 qui peut m\u2019aider \u00e0 comprendre le contexte local, \u00e0 rencontrer les chefs de village et les membres de la communaut\u00e9, ainsi qu\u2019\u00e0 m\u2019y retrouver dans les bureaux gouvernementaux. Il est pr\u00e9f\u00e9rable de mettre en place cette structure avant de commencer la recherche.<\/p>\n<h2>Utiliser des m\u00e9thodes de communication ad\u00e9quates<\/h2>\n<p>La langue que vous utilisez est cruciale, de m\u00eame que le canal que vous utilisez pour faire parvenir l\u2019information. Par exemple dans un pays o\u00f9 plusieurs langues sont parl\u00e9es, une personne peut comprendre la langue officielle, mais \u00eatre beaucoup plus \u00e0 l\u2019aise et mieux comprendre la recherche si la discussion est en langue locale. Et si les personnes ne savent pas lire, l\u2019information imprim\u00e9e ne leur servira pas.<\/p>\n<p>Adaptez votre strat\u00e9gie de communication \u00e0 chaque projet. Vous pourriez d\u00e9couvrir qu\u2019il vous faudra transmettre l\u2019information dans plus d\u2019une langue ou la changer selon les participants (c\u2019est pour cela qu\u2019il est important de les connaitre).<\/p>\n<p>Nous avons fait cet apprentissage dans le cadre d\u2019un projet d\u2019implication des paysans de plusieurs communaut\u00e9s du Burkina Faso dans les discussions autour du coton Bt g\u00e9n\u00e9tiquement modifi\u00e9. Nous \u00e9tudions le r\u00f4le de la confiance dans l\u2019efficacit\u00e9 des projets de partenariat agricole public-priv\u00e9 en Afrique en explorant comment l\u2019industrie s\u2019implique avec les paysans et les communaut\u00e9s(6).<\/p>\n<p>Alors que le fran\u00e7ais est la langue officielle du Burkina Faso, les habitants du pays parlent aussi des langues locales telles que le Jula, le Moor\u00e9, et le Gulmacema. Par ailleurs, le Burkina Faso a un taux d\u2019alphab\u00e9tisation adulte de 29%, rendant l\u2019information \u00e9crite inutile pour une large portion de personnes. Malgr\u00e9 ces barri\u00e8res de langues, le projet de coton Bt a r\u00e9ussi \u00e0 informer la plupart des paysans en utilisant une approche multilingue et multim\u00e9dia, ce qui incluait de traduire les documents de communication dans les langues locales, d\u2019utiliser les journaux mais aussi des s\u00e9minaires de d\u00e9monstration, des publicit\u00e9s radio, des promotions t\u00e9l\u00e9visuelles et des films.<\/p>\n<h2>Un consentement \u00e9clair\u00e9<\/h2>\n<p>Il y aura, bien s\u00fbr, des moments o\u00f9 vous allez informer la communaut\u00e9 au sujet des diff\u00e9rents aspects de votre recherche. Les communaut\u00e9s ne peuvent \u00eatre impliqu\u00e9es dans toutes les d\u00e9cisions. Dans ces cas, la transparence est primordiale\u00a0: communiquez aux participants et aux utilisateurs des r\u00e9sultats ce que votre projet de recherche vise et comment ils et elles vont en b\u00e9n\u00e9ficier. \u00c9coutez leurs pr\u00e9occupations et r\u00e9pondez \u00e0 toutes questions.<\/p>\n<p>A Soweto, en \u00a0Afrique du Sud, les petits fermiers que je voulais interviewer \u00e9taient impatients de me rencontrer, car ils pensaient que j\u2019\u00e9tais du gouvernement sud-africain et que je pouvais leur donner des graines \u00e0 planter. Cependant, je dus leur expliquer que je n\u2019avais rien \u00e0 leur donner et que je n\u2019avais aucune influence sur le gouvernement sud-africain ni sur le secteur priv\u00e9. Ils \u00e9taient d\u00e9\u00e7us, mais appr\u00e9ci\u00e8rent ma sinc\u00e9rit\u00e9 et mon honn\u00eatet\u00e9 sur le fait qu\u2019il n\u2019y avait aucun b\u00e9n\u00e9fice \u00e0 tirer du projet. Ils ont particip\u00e9 au projet de recherche chaque ann\u00e9e durant cinq ans.<\/p>\n<p>Il est important d\u2019obtenir un consentement \u00e9clair\u00e9 bien avant le moment du d\u00e9marrage de votre recherche, de sorte que les participants et participantes potentiels puissent avoir assez de temps pour analyser les buts du projet et vous contacter avec n\u2019importe quelle question.<\/p>\n<p>Chaque personne impliqu\u00e9e dans votre recherche devrait recevoir un document de consentement \u00e9crit dans sa langue ou au moins dans une langue qu\u2019il ou elle comprend. Si la personne est analphab\u00e8te, vous pouvez utiliser un traducteur pour faire une pr\u00e9sentation orale du consentement \u00e9clair\u00e9\u00a0; vous \u00e9crivez ensuite dans un document que ce consentement oral a bien \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 en incluant un r\u00e9sum\u00e9 de ce qui a \u00e9t\u00e9 dit. Les documents et r\u00e9sum\u00e9s du projet devront \u00eatre donn\u00e9s aux personnes participantes dans leur propre langue.<\/p>\n<p>J\u2019ai particuli\u00e8rement appr\u00e9ci\u00e9 le chapitre de The Nuffield Council on Bioethics sur le consentement \u00e9clair\u00e9 dans leur rapport intitul\u00e9 \u00a0<em>The Ethics of research related to healthcare in developing countries <\/em>(7).<\/p>\n<h2>La communication ne devrait pas s\u2019arr\u00eater avec le projet de recherche<\/h2>\n<p>En tant que chercheur ou chercheuse, vous devriez avoir pour objectif un dialogue continu avec la communaut\u00e9, m\u00eame quand l\u2019intervention pourrait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme officiellement termin\u00e9e, et ce, quelque soit votre sujet de recherche\u00a0: projet d\u2019\u00e9puration de l\u2019eau, essai clinique ou introduction de nouvelles vari\u00e9t\u00e9s de culture.<\/p>\n<p>Ce dialogue inclut un retour sur les r\u00e9sultats de la recherche aupr\u00e8s de la communaut\u00e9 et l\u2019engagement \u00e0 faire conna\u00eetre aux participants la science qu\u2019ils ont aid\u00e9 \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer. Dans certains cas, ce dialogue permet aussi de s\u2019assurer que les r\u00e9sultats de la recherche peuvent \u00eatre b\u00e9n\u00e9fiques pour la communaut\u00e9.<\/p>\n<p>Nous l\u2019avons constat\u00e9 avec un programme sud-africain de biotechnologie agricole \u00e0 propos d\u2019une esp\u00e8re g\u00e9n\u00e9tiquement modifi\u00e9e de ma\u00efs. Les chercheurs qui avaient fait les essais de nouvelles vari\u00e9t\u00e9s de graine organis\u00e8rent des visites de suivi aux paysans dans le but de r\u00e9pondre aux questions et de s\u2019assurer que ces paysans utilisent les graines de la bonne mani\u00e8re (en utilisant l\u2019engrais ad\u00e9quat, en espa\u00e7ant de mani\u00e8re ad\u00e9quate la plantation et en faisant une rotation effective des cultures, par exemple).<\/p>\n<p>Les fermiers auxquels j\u2019ai parl\u00e9 d\u00e9crivirent ce suivi comme un avantage. Renforcer les pratiques agronomiques aide les fermiers \u00e0 utiliser les graines pour un meilleur r\u00e9sultat, mais aide aussi les chercheurs \u00e0 s\u2019assurer que leur intervention est sur la bonne voie.<\/p>\n<p>Donc apprendre \u00e0 comprendre vos participants et s\u2019investir avec eux est b\u00e9n\u00e9fique aux deux parties. Mais b\u00e2tir la confiance est fondamental, car sa pr\u00e9sence ou son absence d\u00e9terminera l\u2019efficacit\u00e9 et la viabilit\u00e9 de votre projet de recherche.<\/p>\n<h2>Aide m\u00e9moire\u00a0: comment\u00a0 s\u2019impliquer avec les communaut\u00e9s \u00a0dans la recherche de terrain<\/h2>\n<p>1- Se centrer sur la confiance<\/p>\n<p>2\u00a0 S\u2019impliquer d\u00e8s le d\u00e9but du projet<\/p>\n<p>2- \u00c9couter et apprendre<\/p>\n<p>3- Apprendre \u00e0 connaitre ses participants<\/p>\n<p>4- Utiliser les m\u00e9thodes de communication ad\u00e9quates<\/p>\n<p>5- Obtenir un consentement \u00e9clair\u00e9<\/p>\n<p>6- La communication ne devrait pas prendre fin avec la recherche<\/p>\n<h2>Notes<\/h2>\n<p>(1) Ayodele Samuel Jegede \u00abWhat led to the Nigerian boycott of the polio vaccination campaign?\u00bb <em>PLOS Medicine<\/em> 2007<br \/>\n(2) Jerome A Singh and\u00a0 Edward J Mills \u00ab The abandoned trials of pre-exposure prophylaxis for HIV: what went wrong? \u00bb <em>PLOS Medicine<\/em> 2005<br \/>\n(3) Obidimma Ezezika and Justin Mabeya \u00ab Improving communication in agbiotech projects: moving toward a trust- centered paradigm \u00bb. <em>Journal of Applied Communications<\/em> 2014 98(1) 38<br \/>\n(4) Aceme Nyika and others \u00ab Engaging diverse communities participating in clinical trials: case examples from across Africa \u00bb <em>Malaria Journal<\/em>\u00a02010<br \/>\n(5) Obidimma Ezezika and others \u00ab A social audit model for agro-biotechnology initiatives in developing countries: Accounting for ethical, social, cultural, and commercialization issues \u00bb <em>Journal of Technology Management Innovation<\/em> 2009<br \/>\n(6) Obidimma Ezezika and others \u00ab The value of trust in biotech crop development: a case study of Bt cotton in Burkina Faso \u00bb <em>Agriculture and Food Security<\/em> 2012<br \/>\n(7) Nuffield Council on Bioethics, <em><a href=\"http:\/\/nuffieldbioethics.org\/project\/research-developing-countries\/\" target=\"_blank\">The ethics of research related to healthcare in developing countries<\/a><\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Traduction de How to engage with participants in field research, publi\u00e9 sur Scidev-net le 8 septembre 2014 sous licence Creative Commons Auteur: Obidimma Ezezika, PDG de The African Center For Innovation and Leadership Development et\u00a0 Charg\u00e9 de Cours \u00e0 The Dalla Lana School Of Public Health, University of Toronto. Traduction\u2026<\/p>\n<p> <a class=\"continue-reading-link\" href=\"https:\/\/www.projetsoha.org\/?p=690\"><span>Lire la suite<\/span><i class=\"crycon-right-dir\"><\/i><\/a> <\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[367,8],"tags":[371,373,372,370,369,368],"class_list":["post-690","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-methodologie","category-recit-de-terrain","tag-afrique","tag-ethique","tag-implication","tag-mediation-science-societe","tag-recherche-participative","tag-terrain"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.projetsoha.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/690","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.projetsoha.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.projetsoha.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.projetsoha.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.projetsoha.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=690"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/www.projetsoha.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/690\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":703,"href":"https:\/\/www.projetsoha.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/690\/revisions\/703"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.projetsoha.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=690"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.projetsoha.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=690"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.projetsoha.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=690"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}