{"id":36,"date":"2015-05-08T01:01:09","date_gmt":"2015-05-08T00:01:09","guid":{"rendered":"http:\/\/www.projetsoha.org\/?p=36"},"modified":"2015-05-11T04:00:27","modified_gmt":"2015-05-11T03:00:27","slug":"le-risoha-nous-a-tendu-la-mainet-nous-lavons-saisie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.projetsoha.org\/?p=36","title":{"rendered":"Le projet SOHA nous a tendu la main\u2026 et nous l\u2019avons saisie"},"content":{"rendered":"<p>Par Thomas Herv\u00e9 Mboa Nkoudou, doctorant, Universit\u00e9 de Yaound\u00e9 2 (Cameroun), membre du projet SOHA<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"https:\/\/www.projetsoha.org\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/10999576_813904952024985_5849157686402620332_o-e1431043706831.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-medium wp-image-38 alignleft\" src=\"https:\/\/www.projetsoha.org\/wp-content\/uploads\/2015\/05\/10999576_813904952024985_5849157686402620332_o-300x225.jpg\" alt=\"S\u00e9minaire Douala\" width=\"300\" height=\"225\" \/><\/a>Du 15 au 17 avril 2015, j\u2019ai organis\u00e9 et enseign\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00c9cole normale sup\u00e9rieure d\u2019enseignement technique (ENSET) de Douala (Cameroun) un s\u00e9minaire intitul\u00e9\u00a0: <strong><em>Le \u00ab\u00a0Libre acc\u00e8s\u00a0\u00bb au service des chercheurs : comment r\u00e9ussir sa recherche \u00e0 l\u2019\u00e8re du num\u00e9rique? <\/em><\/strong>Destin\u00e9 aux \u00e9tudiants de 3<sup>\u00e8me<\/sup> et 4<sup>\u00e8me<\/sup> ann\u00e9es (Licence et Master) de la fili\u00e8re \u00c9conomie sociale et familiale, ce s\u00e9minaire est une retomb\u00e9e parmi tant d\u2019autres de l\u2019arriv\u00e9e de la science ouverte en Afrique francophone, appuy\u00e9e par le projet de recherche-action SOHA (\u00ab La science ouverte comme outil collectif de d\u00e9veloppement du pouvoir d\u2019agir et de la justice cognitive en Ha\u00efti et en Afrique francophone \u00bb) dirig\u00e9 par les professeurs Piron et Diouf. Vous vous demandez certainement quel est le lien entre le s\u00e9minaire et ce projet et, plus pr\u00e9cis\u00e9ment, le RISOHA, c\u2019est-\u00e0-dire le r\u00e9seau de chercheurs et d\u2019\u00e9tudiants africains et ha\u00eftiens qui ont \u00e9t\u00e9 mobilis\u00e9s par le projet SOHA et qui s\u2019int\u00e9ressent de plus en plus \u00e0 la science ouverte ? Les lignes suivantes vous le diront. Mais auparavant, une petite immersion dans l\u2019univers de la recherche dans le contexte africain est n\u00e9cessaire, afin de comprendre la motivation qui a \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019origine de ce s\u00e9minaire.<\/p>\n<h2><strong><em>La recherche documentaire\u00a0: un luxe pour les chercheurs et chercheuses du Cameroun<\/em><\/strong><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au Cameroun, les biblioth\u00e8ques, les polycopi\u00e9s et Internet constituent les principales sources documentaires des chercheurs. En effet, dans toutes les universit\u00e9s d\u2019Etat du Cameroun, il existe des b\u00e2timents qui font office de biblioth\u00e8ques centrales. Mais celles-ci ne sont que des \u00ab\u00a0coques\u00a0\u00bb qui contiennent des documents largement d\u00e9pass\u00e9s dans le temps, mal rang\u00e9s et parfois sans pertinence. Pire encore, les travaux des chercheurs appartenant \u00e0 ces universit\u00e9s y sont introuvables, non r\u00e9pertori\u00e9s. Dans un \u00e9lan de solidarit\u00e9, les enseignants essayent tant bien que mal de soutenir leurs \u00e9tudiants en leur permettant de faire des photocopies\u00a0: des anciens articles (des revues auxquelles ils sont abonn\u00e9s), de leur m\u00e9moire ou th\u00e8se, des livres qu\u2019ils ont rapport\u00e9s des pays du Nord. Face aux devoirs non remplis des biblioth\u00e8ques et malgr\u00e9 le soutien de fortune des enseignants, les \u00e9tudiants camerounais se sentant toujours d\u00e9sarm\u00e9s pour mener des recherches actualis\u00e9es et de qualit\u00e9 se dirigent massivement vers internet et les TIC \u00e0 la qu\u00eate d\u2019informations <em>up to date<\/em>. Mais force est de constater que cette ru\u00e9e vers Internet ne semble pas r\u00e9soudre le probl\u00e8me des informations \u00e0 jour, car les bibliographies des travaux pr\u00e9sent\u00e9s rec\u00e8lent toujours tr\u00e8s peu de documents r\u00e9cents et beaucoup de r\u00e9f\u00e9rences mal cit\u00e9es\u2026 N\u2019ont-ils pas acc\u00e8s aux ressources d\u2019Internet\u00a0? Ne savent-ils pas faire la recherche sur Internet\u00a0? Sont-ils inform\u00e9s des possibilit\u00e9s qu\u2019offre Internet\u00a0?<\/p>\n<h2><strong><em>Le num\u00e9rique\u00a0: une opportunit\u00e9 \u00e0 saisir <\/em><\/strong><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tel un effet de mode, il est fr\u00e9quent de constater dans les universit\u00e9s camerounaises que les programmes offrent au moins un cours de TIC. En r\u00e9alit\u00e9, dans la plupart des cas, ce cours se limite \u00e0 une pr\u00e9sentation du logiciel Word, \u00e0 la recherche sur Google et \u00e0 la messagerie sur yahoo. La cons\u00e9quence est alors que nos chercheurs se limitent \u00e0 saisir des textes sur Word, \u00e0 envoyer des mails sur yahoo, \u00e0 chatter sur Facebook et \u00e0 faire la recherche sur le seul moteur de recherche qu\u2019ils connaissent\u00a0: Google. \u00c0 leur grand dam, ils tombent g\u00e9n\u00e9ralement sur des articles payants et ce, dans un contexte o\u00f9 la situation \u00e9conomiques des chercheurs n\u2019est gu\u00e8re enviable, o\u00f9 les bourses d\u2019\u00e9tudes sont rares, o\u00f9 nos universit\u00e9s ne peuvent pas faire d\u00e9placer des enseignants de classe mondiale et j\u2019en passe. Devons-nous nous laisser aveugler par ces cours sur la premi\u00e8re comp\u00e9tence de l\u2019alphab\u00e9tisation num\u00e9rique (Cf r\u00e9f\u00e9rentiel des comp\u00e9tences TIC de l\u2019UNESCO)\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il y a pourtant tellement d\u2019opportunit\u00e9s comme <strong>les MOOC, le libre acc\u00e8s (les archives ouvertes, les revues ouvertes en ligne), les logiciels libres, les biblioth\u00e8ques num\u00e9riques, le e-learning, les biens communs, en bref la science ouverte, qui pourraient \u00eatre utilis\u00e9es avantageusement par les chercheurs camerounais. <\/strong>Je suis convaincu que l\u2019Afrique, gr\u00e2ce \u00e0 la recherche, peut sortir du sous-d\u00e9veloppement, s\u2019affirmer sur la sc\u00e8ne internationale du savoir et redorer le blason des chercheurs locaux, ainsi que revaloriser notre culture.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est donc sur la base des constats que je viens de pr\u00e9senter et usant de mes convictions personnelles sur l\u2019importance du num\u00e9rique pour l\u2019Afrique que j\u2019ai organis\u00e9 ce s\u00e9minaire. Comme vous le verrez dans le paragraphe suivant, ce s\u00e9minaire a h\u00e9rit\u00e9 des ressources <strong>du projet SOHA<\/strong>, de sa volont\u00e9 <strong>d\u2019ouvrir la science <\/strong>et de consid\u00e9rer les savoirs comme des <strong>biens communs<\/strong>.<\/p>\n<h2><strong><em>Le s\u00e9minaire\u00a0de Douala: la main tendue du RISOHA\u2026<\/em><\/strong><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme le dit cet adage africain, \u00ab\u00a0pour voir plus loin, il faut se placer sur les \u00e9paules d\u2019un g\u00e9ant\u00a0\u00bb\u00a0; ce g\u00e9ant, c\u2019est le RISOHA. En effet, dans le cadre du projet SOHA, le RISOHA et l\u2019Universit\u00e9 d\u2019\u00c9tat d\u2019Ha\u00efti ont organis\u00e9 un colloque le 27 Mars 2015 \u00e0 Port au Prince (Ha\u00efti) intitul\u00e9 <strong><em>La science ouverte et le libre acc\u00e8s dans les universit\u00e9s ha\u00eftiennes : \u00e9tat de la situation et propositions<\/em><\/strong>. La professeure Florence Piron y a fait un portrait d\u2019ensemble de la science ouverte. Or cette conf\u00e9rence avait une particularit\u00e9\u00a0: la mention, dans sa pr\u00e9sentation powerpoint disponible sur le site Slideshare, de l\u2019insigne\u00a0CC-BY, repr\u00e9sentant la <em>licence Creative commons<\/em>. Cette licence me donne \u2013 donne \u00e0 tous &#8211; la possibilit\u00e9 de t\u00e9l\u00e9charger, de copier, de diffuser et de modifier le contenu de la pr\u00e9sentation pour d\u2019autres finalit\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cet insigne n\u2019est rien d\u2019autre qu\u2019une main que le RISOHA nous tend pour hisser tout le monde au m\u00eame niveau de connaissances. J\u2019ai saisi cette chance et j\u2019ai organis\u00e9 le s\u00e9minaire \u00e0 la lumi\u00e8re de celui dont avaient b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 les \u00e9tudiants ha\u00eftiens.<\/p>\n<h2><strong><em>Les acquis du s\u00e9minaire<\/em><\/strong><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au terme du s\u00e9minaire, le blog <a href=\"http:\/\/www.esfdla2015.wordpress.com\">www.esfdla2015.wordpress.com<\/a> a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 par les \u00e9tudiants, et \u00e9tudiantes pour signifier leur pr\u00e9sence sur le web et pr\u00e9senter les nouvelles comp\u00e9tences acquises. Ce site ne leur a rien co\u00fbt\u00e9 car il a \u00e9t\u00e9 fait avec le logiciel libre WordPress.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout comme les \u00e9tudiants ha\u00eftiens, ces \u00e9tudiantes et \u00e9tudiants camerounais savent aujourd\u2019hui\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li style=\"text-align: justify;\">Ce que c\u2019est que le libre acc\u00e8s,<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Les droits que conf\u00e8re la licence Creative Commons<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">o\u00f9 chercher des articles de qualit\u00e9 et non payants,<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">comment publier leurs travaux (voie dor\u00e9e, voie verte)<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">comment g\u00e9rer les r\u00e9f\u00e9rences bibliographiques avec le logiciel libre Zotero. Il faut avouer que ce logiciel libre a fait sensation aupr\u00e8s des \u00e9tudiants, comme le d\u00e9montrent les vid\u00e9os suivantes.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Interview 2:\u00a0<a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=OD4xPYktptU&amp;feature=youtu.be\"> https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=OD4xPYktptU&amp;feature=youtu.be<\/a><\/p>\n<p>Interview 1:\u00a0\u00a0 <a href=\"http:\/\/www.youtube.com\/watch?v=Jgzc0jhL-yI\">http:\/\/www.youtube.com\/watch?v=Jgzc0jhL-yI<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au terme de ce s\u00e9minaire, je pense que le projet SOHA n\u2019a jamais aussi bien port\u00e9 son nom\u00a0<strong><em>: La science ouverte comme outil collectif de d\u00e9veloppement du pouvoir d\u2019agir et de la justice cognitive en Ha\u00efti et en Afrique francophone : vers une feuille de route (projet SOHA). <\/em><\/strong>Ha\u00eftiens et Africains, nous sommes dot\u00e9s d\u2019un nouveau pouvoir qui nous permet d\u2019agir sans contraintes financi\u00e8res et sans barri\u00e8res spatiales ou temporelles. Laisserons-nous \u00e9chapper cette chance qui nous est offerte de sortir du sous-d\u00e9veloppement?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9cit de terrain du s\u00e9minaire sur la science ouverte organis\u00e9 \u00e0 Douala, Cameroun, aupr\u00e8s d&rsquo;\u00e9tudiants et d&rsquo;\u00e9tudiantes de 3e et 4e ann\u00e9e de l&rsquo;ENSET, par Thomas Mboa Nkoudou, \u00e0 l&rsquo;aide du mat\u00e9riel p\u00e9dagogique du projet SOHA.<\/p>\n<p> <a class=\"continue-reading-link\" href=\"https:\/\/www.projetsoha.org\/?p=36\"><span>Lire la suite<\/span><i class=\"crycon-right-dir\"><\/i><\/a> <\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[8],"tags":[5,4,7,3,6],"class_list":["post-36","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-recit-de-terrain","tag-cameroun","tag-formation","tag-libre-acces","tag-seminaire","tag-zotero"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.projetsoha.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/36","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.projetsoha.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.projetsoha.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.projetsoha.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.projetsoha.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=36"}],"version-history":[{"count":10,"href":"https:\/\/www.projetsoha.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/36\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":114,"href":"https:\/\/www.projetsoha.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/36\/revisions\/114"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.projetsoha.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=36"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.projetsoha.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=36"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.projetsoha.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=36"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}