{"id":1955,"date":"2018-10-28T21:04:34","date_gmt":"2018-10-28T20:04:34","guid":{"rendered":"http:\/\/www.projetsoha.org\/?p=1955"},"modified":"2018-10-28T21:42:13","modified_gmt":"2018-10-28T20:42:13","slug":"femmes-poto-mitan-en-haiti-le-revers-de-la-medaille","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.projetsoha.org\/?p=1955","title":{"rendered":"Femmes Poto-mitan en Ha\u00efti, le revers de  la m\u00e9daille"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<div id=\"attachment_1956\" style=\"width: 313px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/www.projetsoha.org\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/Madan-Sara.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1956\" class=\"wp-image-1956 \" src=\"https:\/\/www.projetsoha.org\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/Madan-Sara.jpg\" alt=\"\" width=\"303\" height=\"195\" srcset=\"https:\/\/www.projetsoha.org\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/Madan-Sara.jpg 610w, https:\/\/www.projetsoha.org\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/Madan-Sara-300x193.jpg 300w, https:\/\/www.projetsoha.org\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/Madan-Sara-233x150.jpg 233w, https:\/\/www.projetsoha.org\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/Madan-Sara-150x96.jpg 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 303px) 100vw, 303px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1956\" class=\"wp-caption-text\">Chargement de marchandises. Photo issue de cordaid.org, reprise dans le billet d&rsquo;Obed Lamy : https:\/\/lacouverture5.wordpress.com\/2015\/03\/08\/madan-sara-les-femmes-travaillent-plus-rudement-que-les-hommes\/<\/p><\/div>\n<p><strong>Auteur<\/strong> : Anderson Pierre, \u00e9tudiant, romancier et assistant de recherche du projet SOHA.<\/p>\n<p>Dans ce billet engag\u00e9, Anderson montre qu&rsquo;il est possible de faire coexister deux langues dans un texte sans faire preuve de diglossie.<\/p>\n<p><span class=\"_5yl5\">T\u00e8sk sa montre ke 2 lang nasyonal nou yo ka egziste san yonn pa elimine l\u00f2t.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">***<\/p>\n<p>La vie \u00e0 Port-au-Prince m\u2019a toujours \u00e9pat\u00e9\u2026 et ce que j\u2019aime par-dessus tout, c\u2019est me rendre dans les march\u00e9s, que ce soit au march\u00e9 Salomon, au march\u00e9 Hyppolite (avant qu&rsquo;il ne soit emport\u00e9 par le feu) ou au march\u00e9 de la Croix-des-Bossales m\u00eame si ce dernier est r\u00e9put\u00e9 dangereux \u00e0 cause des guerre entre bandes arm\u00e9es. Dans ces endroits, entour\u00e9 de tous ces braves gens, je me sens bien. Toutes ces couleurs, ces fruits, ces diff\u00e9rents produits import\u00e9s ou du terroir, la cacophonie cr\u00e9\u00e9e par des marchandes ici et l\u00e0 pour attirer l\u2019attention des clients, toute cette animation est la preuve tangible qu\u2019il y a des gens qui luttent et qui refusent de se laisser aller \u00e0 la r\u00e9signation m\u00eame si notre pays fait face \u00e0 de grosses difficult\u00e9s &#8211; des hommes et des femmes qui refusent d\u2019abandonner.<\/p>\n<p>Quand je me rends au march\u00e9 pour faire mes achats, je prends un \u00e9norme plaisir \u00e0 observer les moindres faits et gestes des marchandes. Et parfois, apr\u00e8s un joli \u00ab <i>bonjou madanm, vann mwen sis bwatl<\/i>\u00e8<i>t alaska siltepl<\/i>\u00e8 \u00bb accompagn\u00e9 d\u2019un beau sourire, de quelques blagues sur le prix des produits et de taquineries sur mon accent capois (du Cap-Ha\u00eftien), elles me racontent des histoires sur leur vie. \u00ab <i>Anh n<\/i>\u00e8<i>g okap ou ye ?<\/i> \u00bb me disent-elles souvent. C\u2019est au cours de l\u2019une de ces visites au march\u00e9 qu\u2019une femme, qui a tout \u00e0 fait le profil de ma m\u00e8re, commen\u00e7a \u00e0 me raconter sa vie.<\/p>\n<p>&#8211; <i>Yonn nan papa pitit mwen yo se n<\/i>\u00e8<i>g Okap tou wi. Bon n<\/i>\u00e8<i>g men vagabon, <\/i>m\u2019a fait savoir la marchande.<\/p>\n<p>&#8211; \u00a0<i>N<\/i>\u00e8<i>g Okap pa vagabon mezanmi<\/i>, ai-je r\u00e9pliqu\u00e9.<\/p>\n<p>&#8211; <i>Bon mwen di w ti cheri. M d\u00f3mi ak Jan, se mwen ki pou di w jan Jan wonfle. M te gentan gen 3 pitit ak msye. Men li mouri nan yon aksidan machin. Apre mwen vin f<\/i>\u00e8<i> 3 l\u00f2t pitit pou yon l\u00f2t msye.<\/i> <i>Men li menm li pa vo pay s<\/i>\u00e8<i>ch.<\/i> <i>Se mwen ki gason, se mwen ki fanm. Manje, lek\u00f2l ak kay tout sou kont mwen.<\/i><\/p>\n<p>J\u2019avais envie de dire quelque chose, mais aucun mot ne pouvait sortir de ma bouche. Puis la marchande me tendit la monnaie avec les six bo\u00eetes de lait que j\u2019avais demand\u00e9es.<\/p>\n<p><i>&#8211; M ap tann ou ank\u00f2 tande pratik<\/i>, me lance-t-elle avec un large sourire.<\/p>\n<p>&#8211; <i>Wi m ap tounen.<\/i><\/p>\n<p>J\u2019ai laiss\u00e9 la marchande pour effectuer d\u2019autres achats, mais ce que cette femme venait de confier m\u2019avait profond\u00e9ment troubl\u00e9. Comment arrive-t-elle \u00e0 faire vivre six enfants avec un petit \u00e9talage de quelques produits? Comment assure-t-elle leur scolarit\u00e9, leurs habits et le loyer avec si peu de moyens? Myst\u00e8re! J&rsquo;\u00e9tais perdu dans mes pens\u00e9es. L\u2019histoire de cette femme qui n\u2019avait s\u00fbrement pas encore quarante ans et semblait pourtant d\u00e9j\u00e0 vieille n\u2019est pas un cas isol\u00e9.<\/p>\n<p>En fait, ces femmes qui font battre la bouche de toute une maisonn\u00e9e sont des centaines de milliers dans le pays. Des marchandes de fruits, de poissons, de viande, de \u00ab <i>fritay<\/i> \u00bb, de \u00ab p\u00e8p\u00e8 \u00bb, \u00a0de <i>\u00ab chen janbe \u00bb<\/i> etc. Il y a aussi les marchandes de th\u00e9 ambulantes et les marchandes de figue bananes et d\u2019\u0153ufs bouillis que l\u2019on rencontre d\u00e8s cinq heures du matin dans les rues de Port-au-Prince. Il y a ces vieilles femmes qui font commerce d&rsquo;\u00e9pingles de cheveux et d\u2019allumettes dans une corbeille alors que tout le contenu ne vaut pas deux cent cinquante gourdes. Toutes ces braves femmes, on les appelle fi\u00e8rement des <em>poto-mitan<\/em>.<\/p>\n<p>S&rsquo;il est vrai que ce sont des <em>poto-mitan<\/em>, comme on le dit haut et fort, je pense sinc\u00e8rement que c\u2019est au d\u00e9triment de leur sant\u00e9 et de leur \u00e9panouissement personnel. Ces femmes, dans le souci du bien-\u00eatre de leurs enfants et par instinct maternel, se sacrifient. Elles vieillissent bien vite dans un pays o\u00f9 l\u2019esp\u00e9rance de vie ne d\u00e9passe pas soixante ans. C\u2019est bien d&rsquo;appr\u00e9cier leur courage et de les honorer chaque 8 mars ou le dernier dimanche du mois de mai. Mais sont-elles vraiment oblig\u00e9es de se sacrifier jusqu\u2019au sang pour offrir un mieux-\u00eatre \u00e0 leurs enfants ? Au lieu de rester \u00ab \u00e0 l\u2019oral \u00bb dans de beaux discours sur leur courage, ne pourrait-on pas les accompagner gr\u00e2ce \u00e0 de v\u00e9ritables programmes sociaux ? Ces femmes poto-mitan ont en g\u00e9n\u00e9ral \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9es d\u2019abandonner tr\u00e8s t\u00f4t leurs \u00e9tudes pour s\u2019occuper de leurs enfants, si toutefois elles ont eu la chance de fr\u00e9quenter les bancs de l&rsquo;\u00e9cole.<\/p>\n<p><a title=\"Haiti markets reopening\" href=\"https:\/\/www.flickr.com\/photos\/mercycorps\/4309794650\" data-flickr-embed=\"true\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter\" src=\"https:\/\/farm3.staticflickr.com\/2722\/4309794650_2888849e43_z.jpg?zz=1\" alt=\"Haiti markets reopening\" width=\"640\" height=\"427\" \/><\/a><\/p>\n<p>Dire que ces femmes sont des <i>poto-mitan <\/i>revient \u00e0 les mettre sur un piedestal bancal. C\u2019est rester dans une illusion qui emp\u00eache de vraiment aborder les v\u00e9ritables probl\u00e8mes socio-\u00e9conomiques des femmes en Ha\u00efti. Cela ne sert strictement \u00e0 rien de les glorifier si toutes les conditions de notre soci\u00e9t\u00e9 sont r\u00e9unies pour les tuer \u00e0 petit feu. Ont-elles une assurance de sant\u00e9 ?<\/p>\n<p>Cette question me rappelle un \u00e9change que j\u2019ai eu avec une marchande de la rue Edmond Paul, \u00e0 Carrefour-Feuilles. Cette marchande s\u2019appelle Tina. Tina poss\u00e8de toutes les caract\u00e9ristiques d&rsquo;une femme <em>poto-mitan<\/em>. Elle vend des <i>pate k\u00f2de <\/i>du lundi au samedi et \u00e9l\u00e8ve toute seule deux enfants. Elle travaille \u00e0 son compte certes, mais ses conditions ne sont pas diff\u00e9rentes de celles des gens dans nos factories, nos usines.<\/p>\n<p>&#8211; <i>Menm si m malad mwen oblije vin f<\/i>\u00e8<i> pate, m<\/i>e confie Tina pendant qu\u2019elle pr\u00e9pare deux p\u00e2t\u00e9s.<\/p>\n<p>&#8211;<i> E si yon jou ou pa ka leve ditou Tina ?<\/i><\/p>\n<p>&#8211; <i>Ebyen apre jou sa fok mwen degaje m pou m ranplase l. Tankou jodia mwen dwe komanse sanble k\u00f2b pou 2 mwa lek\u00f2l ti moun yo, m<\/i>\u2019a fait savoir Tina tout en servant un client.<\/p>\n<p>Les enfants de Tina ne b\u00e9n\u00e9ficient pas de bourses d&rsquo;\u00e9tude. Du coup, cette maman se tue au travail comme une b\u00eate de somme pour payer les frais de scolarit\u00e9 de ses enfants qui fr\u00e9quentent tous deux un institut d\u2019enseignement sup\u00e9rieur priv\u00e9.<\/p>\n<p>Le mythe de la femme <i>poto-mitan<\/i> fait obstruction \u00e0 toutes les r\u00e9flexions fondamentales sur les conditions de vie et de travail des femmes en Ha\u00efti. C\u2019est m\u00eame un pi\u00e8ge. C\u2019est dire que les femmes assument de lourdes responsabilit\u00e9s et que tout va bien. Certes les femmes sont plus nombreuses en Ha\u00efti. Mais \u00e0 plus de plus 52 % d\u2019une population assez jeune, pourquoi les femmes ha\u00eftiennes peinent-elles tant \u00e0 trouver leur place et \u00e0 faire entendre leur voix dans notre soci\u00e9t\u00e9? Pourquoi n&rsquo;y a-t-il qu\u2019une seule femme dans le s\u00e9nat de la R\u00e9publique ? Arr\u00eatons de nous bercer dans de douces illusions et de leurrer nos vaillantes femmes pour aborder enfin v\u00e9ritablement leurs probl\u00e8mes : le droit \u00e0 la sant\u00e9, \u00e0 l\u2019\u00e9ducation, \u00e0 un logement d\u00e9cent, etc. R\u00e9clamons non seulement de solides formations pour les femmes, mais \u00e9galement la parit\u00e9 salariale. R\u00e9clamons aussi un programme d\u2019accompagnement pour les m\u00e8res c\u00e9libataires ,pour au moins les soulager.<\/p>\n<p>Ces femmes qu\u2019on appelle <em>poto-mitan<\/em> n\u2019ont pas choisi cette vie. Elle s\u2019est impos\u00e9e \u00e0 elles et elles ont d\u00fb faire avec. Elles assument de grandes responsabilit\u00e9s mais au d\u00e9triment de leur sant\u00e9 et de leur \u00e9panouissement personnel.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">***<\/p>\n<p>Autres articles sur les marchandes Madan Sara :<\/p>\n<p>Voir aussi :<\/p>\n<ul>\n<li>la th\u00e8se de Sabine Lamour <em>Entre Imaginaire et histoire : une approche mat\u00e9rialiste du poto-mitan en Ha\u00efti<\/em>. <a href=\"http:\/\/www.theses.fr\/s113105\">http:\/\/www.theses.fr\/s113105<\/a><\/li>\n<li>Colloque\u00a0 De la pratique \u00e0 la science : renouveler les r\u00e9cits sur les femmes en Ha\u00efti <a href=\"http:\/\/www.grepip.uqam.ca\/spip.php?article32\">http:\/\/www.grepip.uqam.ca\/spip.php?article32<\/a><\/li>\n<li>le texte d&rsquo;Obed Lamy \u00ab Madan Sara: \u00ab\u00a0Les femmes travaillent plus rudement que les hommes\u00a0\u00bb, <a href=\"https:\/\/lacouverture5.wordpress.com\/2015\/03\/08\/madan-sara-les-femmes-travaillent-plus-rudement-que-les-hommes\/\">https:\/\/lacouverture5.wordpress.com\/2015\/03\/08\/madan-sara-les-femmes-travaillent-plus-rudement-que-les-hommes\/<\/a>.<\/li>\n<li class=\"entry-title post-title\">Ethzard Cassagnol 2015 Ha\u00efti-S\u00e9curit\u00e9 : Les \u201cMadan sara\u2019\u2019 ran\u00e7onn\u00e9es, battues, viol\u00e9es \u00e0 Croix-des-Bossales, dans l\u2019indiff\u00e9rence <a href=\"http:\/\/www.negritudefm.com\/actualite\/haiti-securite-les-madan-sara-ranconnees-battues-violees-a-croix-des-bossales-dans-lindifference\/\">http:\/\/www.negritudefm.com\/actualite\/haiti-securite-les-madan-sara-ranconnees-battues-violees-a-croix-des-bossales-dans-lindifference\/<\/a><\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Auteur : Anderson Pierre, \u00e9tudiant, romancier et assistant de recherche du projet SOHA. Dans ce billet engag\u00e9, Anderson montre qu&rsquo;il est possible de faire coexister deux langues dans un texte sans faire preuve de diglossie. T\u00e8sk sa montre ke 2 lang nasyonal nou yo ka egziste san yonn pa\u2026<\/p>\n<p> <a class=\"continue-reading-link\" href=\"https:\/\/www.projetsoha.org\/?p=1955\"><span>Lire la suite<\/span><i class=\"crycon-right-dir\"><\/i><\/a> <\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":1956,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[440,441],"tags":[405,436,402],"class_list":["post-1955","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-alienation-epistemique-et-decolonialite","category-recit-social","tag-creole","tag-femmes","tag-haiti"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.projetsoha.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1955","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.projetsoha.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.projetsoha.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.projetsoha.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.projetsoha.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1955"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.projetsoha.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1955\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1960,"href":"https:\/\/www.projetsoha.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1955\/revisions\/1960"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.projetsoha.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/1956"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.projetsoha.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1955"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.projetsoha.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1955"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.projetsoha.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1955"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}