{"id":1496,"date":"2016-12-30T17:51:07","date_gmt":"2016-12-30T16:51:07","guid":{"rendered":"http:\/\/www.projetsoha.org\/?p=1496"},"modified":"2016-12-30T19:17:46","modified_gmt":"2016-12-30T18:17:46","slug":"la-rencontre-de-la-douleur-et-de-lhypocrisie-rankont-doule-ak-ipokrizi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.projetsoha.org\/?p=1496","title":{"rendered":"La rencontre de la douleur et de l&rsquo;hypocrisie &#8211; Rankont doul\u00e8 ak ipokrizi"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"https:\/\/www.projetsoha.org\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/Peterson-Blanc.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-1497 alignleft\" src=\"https:\/\/www.projetsoha.org\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/Peterson-Blanc.png\" alt=\"peterson-blanc\" width=\"148\" height=\"199\" srcset=\"https:\/\/www.projetsoha.org\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/Peterson-Blanc.png 228w, https:\/\/www.projetsoha.org\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/Peterson-Blanc-224x300.png 224w, https:\/\/www.projetsoha.org\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/Peterson-Blanc-112x150.png 112w\" sizes=\"auto, (max-width: 148px) 100vw, 148px\" \/><\/a><strong>Auteur : Peterson Blanc<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Peterson est n\u00e9 aux Cayes, troisi\u00e8me ville d\u2019Ha\u00efti. D\u00e8s son enfance, ses parents s&rsquo;installent \u00e0 Port-au-Prince avec lui et c\u2019est l\u00e0 qu\u2019il a fait ses \u00e9tudes classiques et universitaires. En 2014, il a d\u00e9croch\u00e9 son dipl\u00f4me de licence en Anthropologie-Sociologie \u00e0 la Facult\u00e9 d\u2019Ethnologie de l\u2019Universit\u00e9 d\u2019\u00c9tat d\u2019Ha\u00efti. Tr\u00e8s engag\u00e9, il pr\u00e9side depuis 2013 une association de jeunes qui promeut le civisme et la d\u00e9mocratie participative. Il est animateur du groupe de Recherche Action Int\u00e9gr\u00e9e (RAI)\u00a0: une tribune qui permet aux jeunes chercheurs et \u00e9tudiants de pr\u00e9senter leurs travaux de recherche. Peterson a travaill\u00e9 sur la violence arm\u00e9e chez les jeunes, particuli\u00e8rement dans la zone de Cit\u00e9 Soleil, le plus grand bidonville de Port-au-Prince, voire d\u2019Ha\u00efti. Pour lui \u00e9crire : <a href=\"mailto:blancpeterson12@gmail.com\">blancpeterson12@gmail.com<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">***<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une m\u00e8re pleurant la mort de son fils qui a quitt\u00e9 Ha\u00efti pour une vie meilleure en Am\u00e9rique du Sud. L\u2019Am\u00e9rique du Sud qui devient le nouveau Eldorado pour les jeunes Ha\u00eftiens. Un cri de d\u00e9sespoir\u00a0! Tout est fini, dit-elle sur le ton d\u2019une folle en apprenant la nouvelle de la mort de son fils. La vie n\u2019a plus de sens pour moi\u00a0! Apr\u00e8s trente ann\u00e9es de mis\u00e8re, je n\u2019ai m\u00eame pas la chance de voir la d\u00e9pouille de mon fils Jacky. Jacky, le surnom qu\u2019elle a donn\u00e9 \u00e0 son fils, mais son vrai nom est Jacques Noizzeau. Jacky, o\u00f9 es-tu\u00a0? Non, Jacky n\u2019est pas mort&#8230; Apporte-moi le t\u00e9l\u00e9phone\u00a0! Allo Jacky\u00a0! Allo, Allo\u00a0! Jacky n\u2019a pas r\u00e9pondu\u00a0! Hum, Jacky\u00a0! Ses larmes coulent \u00e0 flot et son mouchoir est submerg\u00e9, imbib\u00e9 dans larmes. Beaucoup d\u2019eau sortant dans ses yeux, son nez et sa bouche. Elle pleure comme un enfant. La douleur est au plus profond de ses entrailles comme celle v\u00e9cue lors de l\u2019enfantement de Jacky. Une perte total pour une m\u00e8re ha\u00eftienne pour laquelle l\u2019enfant est son tr\u00e9sor, son demain, son avenir. Elle a tout d\u00e9pens\u00e9 et a tout fait pour \u00e9lever son enfant dans une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 les m\u00e8res n&rsquo;ont pas d\u2019assurance sociale et bien souvent les p\u00e8res sont irresponsables.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Son cri attire les gens, ils sont venus de tout part dans le quartier. Ils viennent pour consoler, mais certains font des commentaires qui peuvent augmenter le del (unit\u00e9 de mesure de douleur) de la douleur de la m\u00e8re de Jacky. Quelle solidarit\u00e9\u00a0! Des chuchotements de l\u2019oreille \u00e0 l\u2019oreille, le message perd sa valeur r\u00e9elle en ligne, mais son essence garde la m\u00e9disance.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Jacky est au pied du supplice\u00a0! Les chuchotements disent qu\u2019il aimait trop les femmes\u00a0! Les nouvelles qui leur parviennent ou qu\u2019ils ont cr\u00e9\u00e9es condamnent le mort. Il est mort de sa belle mort\u00a0! Jacky est d\u00e9baucheur, il aime trop la d\u00e9bauche. Il fait fi de la mis\u00e8re de sa m\u00e8re. En m\u00eame temps, ils cherchent \u00e0 calmer la m\u00e8re de Jacky qui est inconsolable &#8211; d\u2019autres jouent le r\u00f4le de pleureuse. C\u2019est la rencontre de la douleur et de l\u2019hypocrisie\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces commentaires m\u00e9disants ou pas sont d\u2019ordre moral et sont tir\u00e9s du premier degr\u00e9. Il sont l\u2019\u00e9tape la plus simpliste de la r\u00e9flexion sur un probl\u00e8me donn\u00e9. La condamnation de l\u2019accus\u00e9 Jacky vient de cette r\u00e9flexion moralisante qui ne tient pas compte de la situation socio\u00e9conomique du pays.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Jacky est mort en voulant vivre\u2026 Il a quitt\u00e9 Ha\u00efti \u00e0 l\u2019instar des milliers ou des centaines de milliers de jeunes qui fuient le pays \u00e0 la recherche d\u2019un mieux-\u00eatre. Il fuit\u00a0! Fuir n\u2019est pas ha\u00eftien, c&rsquo;est une action ou r\u00e9action humaine. Le peuple dit peuple de Dieu, les Juifs, avait fui l\u2019\u00c9gypte,\u00a0les Europ\u00e9ens, en particulier les Italiens et les Irlandais, apr\u00e8s la deuxi\u00e8me guerre mondiale sont pass\u00e9s par l\u00e0, les contr\u00e9es de famine et les pays en guerre en Afrique incitent les Africains \u00e0 fuir\u00a0; et, ces jours-ci on constate la fuite en cascade des Syriens, tous pour la m\u00eame cause qui n\u2019est autre que l\u2019invivabilit\u00e9 de leur espace ou de leur milieu social.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Jacky fuit parce que le milieu social ha\u00eftien est invivable. Cette invivabilit\u00e9 est marqu\u00e9e par la d\u00e9sorganisation de la soci\u00e9t\u00e9 qui est non seulement sociale mais aussi \u00e9conomique, culturelle et politique. Jacky et\u00a0tant d\u2019autres jeunes sont victimes de la non vision ou de la st\u00e9rilit\u00e9 chronique des dirigeants. Les jeunes qui pourraient \u00eatre les vecteurs de changement de toute soci\u00e9t\u00e9 semblent patauger en plein ab\u00eeme de d\u00e9sespoir. Jacky, comme tous les autres jeunes, \u00e9tait perdu dans un syst\u00e8me \u00e9ducatif boiteux qui ne donne pas des outils permettant aux jeunes de r\u00e9pondre aux exigences de leur existence.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Jacky vit le d\u00e9veloppement dans les livres sans jamais en jouir r\u00e9ellement. Ses r\u00e9f\u00e9rences aux grandes et belles infrastructures nationales remontent, comme pour tous les autres jeunes Ha\u00eftiens, aux hauts faits des hommes de l\u2019ind\u00e9pendance de 1804 avec les forts et la Citadelle\u00a0; on pourrait y ajouter les travaux de Dumarsais Estim\u00e9 pour marquer le bicentenaire de la ville de Port-au-Prince. Malheureusement, c\u2019est sur les murs et de mani\u00e8re anodine que ces informations arrivent \u00e0 l\u2019oreille de certains jeunes. Depuis lors, aucun signe de progr\u00e8s! Plusieurs g\u00e9n\u00e9rations sont \u00e9lev\u00e9es dans la crasse. L\u2019insalubrit\u00e9 totale\u00a0d\u2019un environnement hybride, concentr\u00e9, centralis\u00e9 dans un bing bang de spectacle honteux \u00e0 l\u2019instar de la ravine Bois de Ch\u00eanes\u2026!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">N\u2019\u00e9tant pas habitu\u00e9 aux progr\u00e8s sociaux qu\u2019ont connu les pays d\u2019Am\u00e9rique du Sud, Jacky, parti l\u00e0-bas, est expos\u00e9 \u00e0 l\u2019accessibilit\u00e9 des infrastructures de base. Il a acc\u00e8s \u00e0 certaines choses dont il r\u00eavait autrefois gr\u00e2ce \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision de son pays. Il s&rsquo;\u00e9tonne des choses simples qui ne sont disponibles que pour r\u00e9pondre aux besoins de base des citoyens de la terre d\u2019accueil. En Am\u00e9rique du Sud, Jacky n\u2019a pas besoin de beaucoup d\u2019argent pour se divertir, pour fr\u00e9quenter un disco et consommer des boissons alcoolis\u00e9es. Jacky c\u00f4toie des femmes qui ont une conception tr\u00e8s lib\u00e9rale de la sexualit\u00e9. Venant d\u2019un pays de manque et de tabou, Dieu seul sait la gourmandise de Jacky face \u00e0 des \u00eatres f\u00e9minins d&rsquo;Am\u00e9rique du Sud. L\u2019exc\u00e8s en tout peut nuire! Ces femmes lui apparaissent comme des canons de beaut\u00e9 qu\u2019il n\u2019aurait jamais pu fr\u00e9quenter chez lui. Tout est luxe en Ha\u00efti! M\u00eame l\u2019acc\u00e8s \u00e0 des services vitaux comme l\u2019alimentation, la sant\u00e9, l\u2019\u00e9ducation, l\u2019alphab\u00e9tisation, l\u2019assainissement, etc. Cette pauvret\u00e9 sociale est douloureuse et hypocrite\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Jacky est mort parce qu\u2019il est venu d\u2019un pays impitoyable qui lui rend vuln\u00e9rable en tout, il est mort \u00e0 cause d\u2019un syst\u00e8me qui le traite, en plein 21<sup>eme <\/sup>si\u00e8cle, au temps de la pierre taill\u00e9e, un syst\u00e8me qui fait de ses filles et fils des nomades. Il est mort \u00e0 cause d\u2019une hypocrisie syst\u00e9matis\u00e9e, m\u00eame dans la douleur de l\u2019autre. Jacky est mort en voulant vivre\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">***<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Yon manman kap kriye pou lanm\u00f2 pitit li ki kite peyi a poul t\u2019al ch\u00e8che yon lavi miy\u00f2 nan Sidamerik. Sidamerik tounen yon nouvo Eldorado pou j\u00e8n Ayisyen yo. Yon kri dezespwa\u00a0! Tout bagay fini, nan yon ton moun fou l\u00e8 li pran nouv\u00e8l pitit li a mouri. Lavi pa gen sans ank\u00f2 pou mwen\u00a0! Apr\u00e8 trantan m f\u00e8 ap pase miz\u00e8 mwen pa menm jwenn chans pou m w\u00e8 k\u00f2 pitit gason m lan Jaky. Jaky, se ti non li bay ak pitit la men vr\u00e8 non l se Jak Nwazo. Jaky, ki kote w ye\u00a0? Jaky pa mouri\u2026 pote telef\u00f2n nan banm\u00a0! Alo Jaky\u00a0! Alo, Alo\u00a0! Jaky pa reponn ! Wouy, Jaky ! Dlo nan je l ap koule jiskaske mouchwa li paka kenbe dlo anko. Anpil dlo tap s\u00f2t nan je l, nan nen l ak nan bouch li. Lap kriye tankou yon timoun. Doul\u00e8 a fon nan zantray li tankou l\u00e8 li tap pouse Jaky. Se yon gwo defisi pou yon manman Ayisy\u00e8n kote pitit se trez\u00f2 l, demen l ak avni l. Madanm lan depanse tout sa li te genyen, li f\u00e8 tout bagay pou grandi pitit li nan yon sosyete kote manman yo pa gen asirans sosyal e papa yo pa tw\u00f2 responsab.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Kri li f\u00e8 moun vini, s\u00f2ti tout kote nan katye a. Yo vini konsole e genyen tou ki vin bouyi zen pou f\u00e8 doul\u00e8 li vin pi di nan pale vye paw\u00f2l sou Jaky. Gade yon t\u00e8t ansanm\u00a0! Yap pale nan z\u00f2rey youn l\u00f2t, mesaj la p\u00e8di nan val\u00e8 reyel li men sans li rete tripotay.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Jaky anba p\u00e8n li\u00a0! paw\u00f2l yo di li tw\u00f2 renmen fanm\u00a0! Nouv\u00e8l yo jwenn oubyen yo f\u00e8 pa bon pou li. Li mouri nan af\u00e8 li\u00a0! Jaky se yon banboch\u00e8, li renmen plezi tw\u00f2p. Kite mele l manman li nan miz\u00e8, pandan y\u2019ap di sa yo y\u2019ap konsole manman Jaky e l\u00f2t pran p\u00f2z y\u2019ap kriye. Doul\u00e8 ak ipokrizi rankontre\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Paw\u00f2l sa yo s\u00f2ti dwat nan moral moun yo e yo se premye degre ki pi fasil nan refleksyon moun ka f\u00e8 sou yon pwobl\u00e8m. Kondanasyon Jaky s\u00f2ti nan refleksyon moral ki pa ch\u00e8che sezi sitiyasyon sosyoekonomik peyi a.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Jaky mouri nan ch\u00e8che viv\u2026. Li kite Ayiti tankou anpil l\u00f2t j\u00e8n kite peyi a pou yon lavi miy\u00f2. Li pati ! Pati se pa yon bagay Ayisyen, li se aksyon oubyen yon reyaksyon moun. P\u00e8p yo di ki p\u00e8p Bondye a, Jwif yo, te Pati kite Ejip, Ewopeyen yo tankou Italyen yo ak Ilannd\u00e8 yo te kouri kite lew\u00f2p apr\u00e8 dezy\u00e8m g\u00e8 mondyal, Afriken yo ap kouri kite peyi kote grangou ak g\u00e8 ap ravaje sou kontinan Afriken an e jounen jodia nap w\u00e8 Siryen yo kap chape kite Siri, tout kouri sa yo se pou menm k\u00f2z ki se espas yo ki pa gen lavi oubyen miliye sosyal yo pa gen lavi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Jaky pati paske milye sosyal peyi l pa bay moun chans pou viv. Pa ka viv se paske sosyete a dez\u00f2ganize, li sosyal, li ekonomik, li kiltirel e li politik tou. Jaky e anpil l\u00f2t j\u00e8n viktim paske dirijan isit yo pa gen visyon sak pi mal la j\u00e8n yo ki ta dwe espwa chanjman tankou j\u00e8n nan tout sosyete ap viv av\u00e8k anpil p\u00e8n nan yon divisyon. Jaky tankou l\u00f2t j\u00e8n kannannan nan yon syst\u00e8m edikatif kokobe ki pa bay zouti ak j\u00e8n yo pou reponn ak egzijans lavi a.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Jaky viv devlopman nan liv san li pa janm jwi l. Menm jan ak l\u00f2t J\u00e8n yo, referans Jaky nan gran enfrastrikti sou plan estetik s\u00f2ti nan b\u00e8l bagay ansyen ewo endepandans 1804 yo te f\u00e8 tankou F\u00f2 yo ak Sitadel la, yo kapab mete tou b\u00e8l travay Dimas\u00e8 Estime te f\u00e8 pou te fete bisantn\u00e8 vil P\u00f2topwens. Malerezman se nan miray konsa konsa enfomasyon sa yo rive nan zorey k\u00e8k j\u00e8n. Depi l\u00e8 sa pa gen okenn siy ki montre pwogr\u00e8 ap f\u00e8t nan peyi a. Anpil jenerasyon f\u00e8 vi yo nan kras. Yon anviwonnman sal san devan san d\u00e8y\u00e8, konsantre, santralize nan yon espektak depotwa tankou sa ravin Bwa Ch\u00e8n ap montre chak jou\u2026\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">K\u00f2m li pa abitye ak progr\u00e8 sosyo peyi Sidamerik yo konnen an, Jaky ekspoze devan enfrastrikti kote tout moun gen aks\u00e8 ak yo, li gen aks\u00e8 ak yon paket bagay li tap reve nan peyi l e se tap gras ak televisyon si l tap w\u00e8 yo. Jaky pantan devan bagay senp ki la pou reponn selman ak bezwen ki pi ba pou sitwayen ki nan t\u00e8 dakey li ye a. Nan Sidamerik, Jaky pa bezwen anpil k\u00f2b pou l f\u00e8 t\u00e8t li plezi, pou li ale nan disko ak konsome bwason. Jaky jwenn b\u00e8l fanm ki pa gen limit nan f\u00e8 s\u00e8ks, yo liberal. S\u00f2ti nan yon peyi kote manke anpil bagay men plen tabou, Bondye s\u00e8lman ki konnen jan Jaky f\u00e8 saf (aloufa) ak sidamerik\u00e8n yo. Tw\u00f2p ch\u00e8n gate rev\u00e8y ! B\u00e8l moun sa yo pa sou wout Jaky nan peyi l e li patap ka jwenn yo tou. Tout bagay se gwo bagay annayiti\u00a0! menm s\u00e8vis ki pi ba yo tankou manje, sante, edikasyon, alfabetizasyon asenisman pou n site sa yo selman. Povrete sosyal sa ipokrit e li f\u00e8 mal\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Jaky mouri paske li f\u00e8t nan yon peyi ki pa bal chans nan anyen, li mouri paske sist\u00e8m nan trete li nan 21<sup>e<\/sup> sy\u00e8k sa tankou l te nan ep\u00f2k py\u00e8taye, yon sist\u00e8m kif\u00e8 pitit fi l ak pitit gason l yo nomad\u00a0; Jaky mouri k\u00f2z yon ipokrizi ki mawonnen nan doul\u00e8 l\u00f2t. Jaky mouri nan ch\u00e8che viv\u00a0!<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur : Peterson Blanc Peterson est n\u00e9 aux Cayes, troisi\u00e8me ville d\u2019Ha\u00efti. D\u00e8s son enfance, ses parents s&rsquo;installent \u00e0 Port-au-Prince avec lui et c\u2019est l\u00e0 qu\u2019il a fait ses \u00e9tudes classiques et universitaires. En 2014, il a d\u00e9croch\u00e9 son dipl\u00f4me de licence en Anthropologie-Sociologie \u00e0 la Facult\u00e9 d\u2019Ethnologie de l\u2019Universit\u00e9\u2026<\/p>\n<p> <a class=\"continue-reading-link\" href=\"https:\/\/www.projetsoha.org\/?p=1496\"><span>Lire la suite<\/span><i class=\"crycon-right-dir\"><\/i><\/a> <\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":1497,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[441],"tags":[384,402,442,403],"class_list":["post-1496","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-recit-social","tag-ecriture-scientifique","tag-haiti","tag-souffrance","tag-vivre-ensemble"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.projetsoha.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1496","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.projetsoha.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.projetsoha.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.projetsoha.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.projetsoha.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1496"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/www.projetsoha.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1496\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1502,"href":"https:\/\/www.projetsoha.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1496\/revisions\/1502"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.projetsoha.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/1497"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.projetsoha.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1496"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.projetsoha.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1496"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.projetsoha.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1496"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}