{"id":1357,"date":"2016-06-08T15:24:45","date_gmt":"2016-06-08T14:24:45","guid":{"rendered":"http:\/\/www.projetsoha.org\/?p=1357"},"modified":"2016-10-20T15:20:56","modified_gmt":"2016-10-20T14:20:56","slug":"le-web-et-la-production-scientifique-africaine-visibilite-reelle-ou-inhibee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.projetsoha.org\/?p=1357","title":{"rendered":"Le Web et la production scientifique africaine : visibilit\u00e9 r\u00e9elle ou inhib\u00e9e ?"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/www.projetsoha.org\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/Photo-Thomas-Mboa-neige-e1465404029240.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1370 alignleft\" src=\"https:\/\/www.projetsoha.org\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/Photo-Thomas-Mboa-neige-e1465404029240.jpg\" alt=\"Photo Thomas Mboa neige\" width=\"176\" height=\"171\" srcset=\"https:\/\/www.projetsoha.org\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/Photo-Thomas-Mboa-neige-e1465404029240.jpg 408w, https:\/\/www.projetsoha.org\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/Photo-Thomas-Mboa-neige-e1465404029240-300x291.jpg 300w, https:\/\/www.projetsoha.org\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/Photo-Thomas-Mboa-neige-e1465404029240-155x150.jpg 155w, https:\/\/www.projetsoha.org\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/Photo-Thomas-Mboa-neige-e1465404029240-150x146.jpg 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 176px) 100vw, 176px\" \/><\/a>Auteur : Thomas Herv\u00e9 Mboa Nkoudou, Cameroun<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Thomas Herv\u00e9 Mboa Nkoudou est actuellement doctorant en communication publique \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Laval. Sa th\u00e8se porte sur les conditions d\u2019existence et de fonctionnement des tiers-lieux de fabrication num\u00e9rique en Afrique subsaharienne, dans une perspective de justice cognitive et de d\u00e9veloppement durable local. Biochimiste de formation, il est dipl\u00f4m\u00e9 de l\u2019\u00c9cole Normale Sup\u00e9rieure de Yaound\u00e9 (enseignant de biologie au secondaire) et didacticien des sciences (ma\u00eetrise de la facult\u00e9 des sciences de l\u2019\u00e9ducation de l\u2019Universit\u00e9 Laval). Il est par ailleurs, le pr\u00e9sident de l\u2019APSOHA, Association pour la promotion de la science ouverte en Ha\u00efti et en Afrique francophone. <a href=\"mailto:thomasmboa@gmail.com\">thomasmboa@gmail.com.<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">***<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette derni\u00e8re ann\u00e9e, mon implication dans le projet SOHA m&rsquo;a conduit \u00e0 explorer la science sous des traits autres que ceux qui m&rsquo;ont \u00e9t\u00e9 propos\u00e9s durant mon instruction scolaire et acad\u00e9mique. De la d\u00e9couverte des logiciels libres au libre acc\u00e8s, en passant par les concepts de justice cognitive, de rapprochement sciences-soci\u00e9t\u00e9, de licence <em>Creative commons<\/em> et de valorisation des savoirs locaux, c&rsquo;est une nouvelle science qui s&rsquo;est ouverte \u00e0 moi et qui semble avoir sur moi un effet d\u00e9mocratisant, me donner une sensation de libert\u00e9. Que dis-je\u00a0? Cette science ouverte est \u00e0 l&rsquo;origine de mon empowerment. Elle est si diff\u00e9rente de celle dans laquelle j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 moul\u00e9 et qui s&rsquo;accompagnait de l&rsquo;interdit de penser, de la p\u00e9dagogie de l&rsquo;humiliation (Piron, 2016) et de la v\u00e9n\u00e9ration des enseignants : la science positiviste. La science ouverte a donc \u00e9t\u00e9 pour moi une renaissance scientifique, qui m&rsquo;a permis de prendre du recul dans mes pratiques, d&rsquo;\u00eatre r\u00e9flexif, de pouvoir critiquer et d&rsquo;agir en qualit\u00e9 d&rsquo;<strong>humain-scientifique<\/strong>. Je veux d\u00e9sormais faire la s\u00e9paration entre la personne (scientifique) qui agit comme une machine dans un laboratoire, ex\u00e9cute des protocoles sans se soucier de l&rsquo;existence d&rsquo;un monde autour de lui\u00a0; et cette nouvelle personne (humain-scientifique) qui pose d&rsquo;abord des bases \u00e9thiques et se questionne sur les besoins de la soci\u00e9t\u00e9 avant d&rsquo;entreprendre un projet scientifique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sorti de mon ali\u00e9nation \u00e9pist\u00e9mique (Piron, 2016) gr\u00e2ce \u00e0 la science ouverte, mes r\u00e9flexions ont rapidement fus\u00e9 vers la disponibilit\u00e9 de l&rsquo;information scientifique, qui (je peux le dire maintenant) ne semble \u00eatre de bonne qualit\u00e9 que lorsqu&rsquo;elle provient des universit\u00e9s les plus prestigieuses du monde, ainsi que des chercheurs qui en font partie. Les cons\u00e9quences\u00a0 qui en d\u00e9coulent sont, notamment, les enseignants des pays des Suds qui ne citent et ne lisent que des auteurs venus du Nord et les imposent \u00e0 leurs \u00e9tudiants et les biblioth\u00e8ques de nos universit\u00e9s qui font tout pour s&rsquo;abonner aux revues savantes occidentales alors qu&rsquo;elles ne traitent pas de nos probl\u00e8mes. Pire encore, ce sont les id\u00e9es issues de ces textes qui sont massivement relay\u00e9es dans le monde entier. Sans vouloir remettre en question la nature ou la qualit\u00e9 de ces savoirs exog\u00e8nes produits par des auteurs \u00e0 distance et ext\u00e9rieurs au contexte qu&rsquo;ils d\u00e9crivent, une seule question me vient \u00e0 l&rsquo;esprit\u00a0: pourquoi l&rsquo;information scientifique africaine n&rsquo;est-elle pas visible \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur et \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur du continent\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il y a 50 ans, j&rsquo;aurais trouv\u00e9 la belle excuse de dire que les co\u00fbts li\u00e9s \u00e0 la production et \u00e0 la diffusion des documents physiques (imprim\u00e9s) sont tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9s. Mais de nos jours, brandir cet argument n&rsquo;est qu&rsquo;une fuite en avant, puisque les avanc\u00e9es technologiques dans le domaine du num\u00e9rique ont litt\u00e9ralement fait chuter les frais relatifs \u00e0 la production et qu&rsquo;Internet a rendu instantan\u00e9e la diffusion de l&rsquo;information. Au vu des avantages li\u00e9s au num\u00e9rique et \u00e0 Internet, les v\u00e9ritables questions \u00e0 se poser sont\u00a0: quelle est la proportion d&rsquo;articles scientifiques africains pr\u00e9sents sur le Web<em>\u00a0? <\/em>Cette proportion refl\u00e8te-t-elle la r\u00e9alit\u00e9\u00a0? Sinon quels sont les inhibiteurs de la visibilit\u00e9 de la production scientifique africaine\u00a0?<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><strong>Les bases de donn\u00e9es scientifiques<\/strong><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les bases de donn\u00e9es sont des sites web, des plateformes web qui regroupent des donn\u00e9es scientifiques issues du monde entier dans le but d\u2019en faciliter leur utilisation. Dans ce texte, je vais m&rsquo;int\u00e9resser \u00e0 l&rsquo;une des plus importantes bases de donn\u00e9es universitaires : le <em>Web of Science. <\/em>Wikip\u00e9dia indique que cette base de donn\u00e9es pr\u00e9sente la litt\u00e9rature scientifique mondiale. Le contenu, diversifi\u00e9, comprend l\u2019agriculture, la biologie, le g\u00e9nie, la m\u00e9decine, les sciences de la sant\u00e9, les math\u00e9matiques, la physique, la chimie, l\u2019anthropologie, le droit, les sciences de l\u2019information, l\u2019architecture, la danse, le cin\u00e9ma et le th\u00e9\u00e2tre. L\u2019ensemble du contenu est constitu\u00e9 du d\u00e9pouillement de plus de 10\u00a0000 p\u00e9riodiques et de plus de 110\u00a0000 actes de conf\u00e9rences. Les plus vieux articles remontent \u00e0 1900. Cette base de donn\u00e9es est largement utilis\u00e9e dans les universit\u00e9s des pays du Nord et dans celles d&rsquo;Afrique qui en ont les moyens.L&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 cette base de donn\u00e9es se fait par abonnement universitaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c9tant \u00e9tudiant \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Laval, j\u2019ai acc\u00e8s \u00e0 cette base de donn\u00e9es, ce qui ne serait pas le cas pour un \u00e9tudiant de l\u2019Universit\u00e9 de Yaound\u00e9 I. J&rsquo;ai donc d\u00e9cid\u00e9 de consulter le <em>Web of Science<\/em> pour y calculer moi-m\u00eame la proportion d&rsquo;articles venus d&rsquo;Afrique. \u00c0 partir des crit\u00e8res de recherche, j\u2019ai proc\u00e9d\u00e9 comme suit\u00a0:<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li>J\u2019ai modifi\u00e9 le champ de recherche pour choisir l\u2019ann\u00e9e de publication comme crit\u00e8re, puis j\u2019ai saisi 2015\u00a0;<\/li>\n<li>Ensuite j\u2019ai fait un autre filtre en fonction des pays d\u2019o\u00f9 provenaient les publications,<\/li>\n<li>Je pouvais d\u00e8s lors calculer simplement les pourcentages.<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sur la base des donn\u00e9es du <em>Web of Science, <\/em>le graphique ci-dessous indique la production mondiale d&rsquo;articles scientifiques (toutes disciplines confondues) pour le compte de l&rsquo;ann\u00e9e 2015.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"https:\/\/www.projetsoha.org\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/graphique-billet-Thomas.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1366\" src=\"https:\/\/www.projetsoha.org\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/graphique-billet-Thomas.jpg\" alt=\"graphique billet Thomas\" width=\"482\" height=\"265\" srcset=\"https:\/\/www.projetsoha.org\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/graphique-billet-Thomas.jpg 482w, https:\/\/www.projetsoha.org\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/graphique-billet-Thomas-300x165.jpg 300w, https:\/\/www.projetsoha.org\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/graphique-billet-Thomas-250x137.jpg 250w, https:\/\/www.projetsoha.org\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/graphique-billet-Thomas-150x82.jpg 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 482px) 100vw, 482px\" \/><\/a>De ce graphique, il ressort que l&rsquo;Afrique produit moins de 1\u00a0% d\u2019articles scientifiques du monde entier. Cette contribution africaine est partag\u00e9e entre l&rsquo;Afrique du Nord (44%) et l&rsquo;Afrique subsaharienne (56%), mais il faut soulever cette nuance\u00a0: la production en Afrique subsaharienne est largement domin\u00e9e par les pays anglophones. En Effet, au niveau subsaharien, l&rsquo;Afrique francophone ne produit que 2,75\u00a0% d&rsquo;articles si bien qu&rsquo;au niveau mondial, sa contribution est presque nulle (0,01%). Ces proportions refl\u00e8tent-elles la r\u00e9alit\u00e9\u00a0?<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><strong>De la visibilit\u00e9 sur le Web<\/strong><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les statistiques ci-dessus sont alarmantes : l&rsquo;Afrique francophone est invisible sur la carte mondiale des savoirs scientifiques. Ces proportions refl\u00e8tent-elles la r\u00e9alit\u00e9\u00a0? Sans ambages, la sociologue qu\u00e9b\u00e9coise \u00c9milie Tremblay (2016) dirait non. Pour cette sp\u00e9cialiste de la sociologie africaine, il existe en Afrique une multitude d&rsquo;articles de qualit\u00e9 qui n&rsquo;ont rien \u00e0 envier \u00e0 ceux produits dans les universit\u00e9s prestigieuses ; leurs auteurs africains n&rsquo;ont rien \u00e0 envier \u00e0 leurs homologues du Nord. Seulement voil\u00e0, ces articles ne sont pas inclus dans le <em>Web of Science<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En fait, derri\u00e8re le <em>Web of Science <\/em>se cache un mod\u00e8le \u00e9conomique tr\u00e8s capitaliste associ\u00e9 \u00e0 l&rsquo;usage du facteur d&rsquo;impact. Ce mod\u00e8le ne joue pas en faveur des articles africains. Je veux dire par l\u00e0 qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un cercle vicieux. Le <em>Web of Science <\/em>recense les revues scientifiques et leur attribue un facteur d&rsquo;impact en fonction du nombre de fois que la revue est cit\u00e9e. Plus le facteur d&rsquo;impact est \u00e9lev\u00e9, plus la revue est prestigieuse et plus il est difficile \u00e0 un article de passer avec succ\u00e8s l&rsquo;\u00e9tape de l&rsquo;\u00e9valuation par les pairs. De nombreuses raisons expliquent pourquoi les revues scientifiques africaines ne sont que tr\u00e8s peu r\u00e9pertori\u00e9es dans cette base de donn\u00e9es. En tout cas, il est certain que le r\u00e9sultat de mon calcul ne refl\u00e8te pas du tout la r\u00e9alit\u00e9 de la production scientifique africaine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;invisibilit\u00e9 de cette production dans le <em>Web of Science<\/em> est une injustice issue de l&rsquo;utilisation abusive des soi-disant crit\u00e8res de qualit\u00e9 par cette base de donn\u00e9es. Cette injustice cognitive (Piron 2016) se manifeste sous trois formes. D&rsquo;une part, la plupart des revues recens\u00e9es dans le Web of Science sont ferm\u00e9es, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;elles ne sont accessibles qu&rsquo;aux biblioth\u00e8ques universitaires qui paient un abonnement au fort prix, ce qui est rarement possible pour les universit\u00e9s africaines. Cet acc\u00e8s ferm\u00e9 aux publications scientifiques emp\u00eache les chercheurs africains d&rsquo;avoir acc\u00e8s aux donn\u00e9es les plus r\u00e9centes dans leur domaine, ce qui peut nuire \u00e0 la qualit\u00e9 de leurs travaux. D&rsquo;autre part, l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie de la langue anglaise dans ces bases de donn\u00e9es au d\u00e9triment d&rsquo;autres langues pourrait expliquer la faible contribution de l&rsquo;Afrique francophone subsaharienne. Finalement,\u00a0 les articles de cette base de donn\u00e9es ob\u00e9issent \u00e0 un mod\u00e8le rh\u00e9torique standardis\u00e9, typiquement ancr\u00e9 dans le positivisme anglo-saxon et ferm\u00e9 \u00e0 tout autre mod\u00e8le \u00e9pist\u00e9mologique, que les universitaires d&rsquo;Afrique francophone ma\u00eetrisent plus ou moins.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Toutefois, s&rsquo;il est vrai que ce syst\u00e8me capitaliste et comp\u00e9titif d&rsquo;\u00e9dition scientifique est une cause majeure de l&rsquo;invisibilit\u00e9 de la production africaine sur le web, il faut reconna\u00eetre que cette visibilit\u00e9 est aussi inhib\u00e9e par d&rsquo;autres facteurs.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><strong>Les inhibiteurs de la visibilit\u00e9 scientifique africaine<\/strong><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comment expliquer le fait que dans une seule et m\u00eame universit\u00e9 en Afrique, les \u00e9tudiants et chercheurs ne soient pas inform\u00e9s des travaux scientifiques qui y sont faits\u00a0? Que cette information ne circule pas entre les universit\u00e9s d&rsquo;un m\u00eame pays et encore moins entre les universit\u00e9s du continent africain\u00a0? Si, au niveau national nos travaux scientifiques sont invisibles, comment seraient-ils visibles \u00e0 l&rsquo;international\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour ma part, la solution au probl\u00e8me de l\u2019invisibilit\u00e9 doit venir de nous-m\u00eames, chercheurs africains, en faisant un meilleur usage du num\u00e9rique et d&rsquo;Internet. Mais cette id\u00e9e rencontre deux principaux inhibiteurs de la visibilit\u00e9. Le premier inhibiteur est l&rsquo;absence de politique nationale de facilitation et de diffusion des savoirs. Le libre acc\u00e8s n&rsquo;est pas exploit\u00e9 \u00e0 sa juste valeur dans les pays africains pour encourager la cr\u00e9ation de d\u00e9p\u00f4ts institutionnels dans les universit\u00e9s africaines et b\u00e9n\u00e9ficier ainsi de la visibilit\u00e9 offerte \u00e0 la production scientifique locale par l&rsquo;interop\u00e9rabilit\u00e9. Quant aux revues ouvertes en ligne, elles ne sont pas soutenues par les d\u00e9cideurs politiques. Le deuxi\u00e8me inhibiteur est le manque de litt\u00e9ratie num\u00e9rique de la part de nos chercheurs, un aspect qui\u00a0 devrait pourtant \u00eatre couvert lors de leur formation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;invisibilit\u00e9 de la production scientifique africaine sur le Web d\u00e9crit mal l&rsquo;\u00e9tat de la contribution actuelle des Africains au grenier mondial des savoirs. Nous devons surmonter cette injustice en r\u00e9duisant localement l&rsquo;influence de certains param\u00e8tres que j&rsquo;ai appel\u00e9s ici des inhibiteurs. Car c&rsquo;est \u00e0 nous en tant que d\u00e9cideurs d&rsquo;une part et chercheurs d&rsquo;autre part que revient d&rsquo;accomplir cette mission pour laquelle nous avons toutes les armes.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><strong>R\u00e9f\u00e9rences<\/strong><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mboa Nkoudou, T.H. (2015). \u00ab Strat\u00e9gies de valorisation des savoirs locaux africains : questions et enjeux li\u00e9s \u00e0 l\u2019usage du num\u00e9rique au Cameroun \u00bb. <em>\u00c9thique publique. Revue internationale d\u2019\u00e9thique soci\u00e9tale et gouvernementale<\/em>, <em>17<\/em>(2).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Piron, F. (2016). \u00ab Justice cognitive et science ouverte \u00bb, communication pr\u00e9sent\u00e9e au colloque international <em>Justice cognitive et science ouverte et valorisation des savoirs locaux<\/em>, ESSTIC, Yaound\u00e9, 26 mai 2016. Disponible \u00e0 https:\/\/fr.slideshare.net\/FlorencePiron1\/science-ouverte-et-injustice-cognitive-confrence-de-yaounde-2016<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tremblay, \u00c9. (2016). \u00ab Quelles approches et strat\u00e9gies pour internationaliser-mondialiser les programmes d\u2019\u00e9tudes en sociologie?\u00a0 \u00bbCommunication pr\u00e9sent\u00e9e au colloque <em>Des sciences m\u00e9tiss\u00e9es sont-elles possibles?<\/em>, Congr\u00e8s de l&rsquo;ACFAS, Montr\u00e9al, 12 mai 2016.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Web of Science<\/em> 2015, via la biblioth\u00e8que de l\u2019Universit\u00e9 Laval<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\"><\/a><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\"><\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur : Thomas Herv\u00e9 Mboa Nkoudou, Cameroun Thomas Herv\u00e9 Mboa Nkoudou est actuellement doctorant en communication publique \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Laval. 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Biochimiste\u2026<\/p>\n<p> <a class=\"continue-reading-link\" href=\"https:\/\/www.projetsoha.org\/?p=1357\"><span>Lire la suite<\/span><i class=\"crycon-right-dir\"><\/i><\/a> <\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":1370,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[8,375],"tags":[427,426,425,424,423],"class_list":["post-1357","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-recit-de-terrain","category-resume-de-recherche","tag-african-science","tag-closed-science","tag-open-science","tag-web-of-science","tag-web-scientifique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.projetsoha.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1357","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.projetsoha.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.projetsoha.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.projetsoha.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.projetsoha.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1357"}],"version-history":[{"count":9,"href":"https:\/\/www.projetsoha.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1357\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1451,"href":"https:\/\/www.projetsoha.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1357\/revisions\/1451"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.projetsoha.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/1370"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.projetsoha.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1357"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.projetsoha.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1357"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.projetsoha.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1357"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}