{"id":1196,"date":"2016-04-23T02:04:07","date_gmt":"2016-04-23T01:04:07","guid":{"rendered":"http:\/\/www.projetsoha.org\/?p=1196"},"modified":"2016-04-23T02:11:09","modified_gmt":"2016-04-23T01:11:09","slug":"hors-des-sentiers-battus-apprendre-les-mathematiques-en-groupe-et-en-ghomala","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.projetsoha.org\/?p=1196","title":{"rendered":"Hors des sentiers battus, apprendre les math\u00e9matiques en groupe et en ghomala"},"content":{"rendered":"<p><strong><a href=\"https:\/\/www.projetsoha.org\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/13035540_10207760088912523_388292351_o.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1197 alignleft\" src=\"https:\/\/www.projetsoha.org\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/13035540_10207760088912523_388292351_o.jpg\" alt=\"Raymon Dassi\" width=\"215\" height=\"161\" srcset=\"https:\/\/www.projetsoha.org\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/13035540_10207760088912523_388292351_o.jpg 1280w, https:\/\/www.projetsoha.org\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/13035540_10207760088912523_388292351_o-300x225.jpg 300w, https:\/\/www.projetsoha.org\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/13035540_10207760088912523_388292351_o-768x576.jpg 768w, https:\/\/www.projetsoha.org\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/13035540_10207760088912523_388292351_o-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/www.projetsoha.org\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/13035540_10207760088912523_388292351_o-200x150.jpg 200w, https:\/\/www.projetsoha.org\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/13035540_10207760088912523_388292351_o-150x113.jpg 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 215px) 100vw, 215px\" \/><\/a>Auteur : Raymon Dassi<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">N\u00e9 \u00e0 Baloum dans le D\u00e9partement de Menoua au Cameroun, Raymon Dassi a fait ses \u00e9tudes \u00e9l\u00e9mentaires dans son village. Issu de la premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration d\u2019\u00e9l\u00e8ves de l\u2019apr\u00e8s-guerre des ind\u00e9pendances, il a d\u00fb s\u2019\u00e9loigner de son terroir vers des centres plus urbanis\u00e9s au fur et \u00e0 mesure qu\u2019il avan\u00e7ait dans ses \u00e9tudes : Bansoa, Bafoussam puis Yaound\u00e9 o\u00f9 il a obtenu son bac en philosophie et litt\u00e9rature en 1994. Il est install\u00e9 en Italie depuis la fin des ann\u00e9es 1990, dans la ville de Bologne o\u00f9 il vit maintenant. Passionn\u00e9 de journalisme et des langues, Raymon est aussi engag\u00e9 dans la vie politique de son pays d&rsquo;adoption. Il a ainsi exerc\u00e9 des fonctions de conseiller et d\u2019adjoint au Maire dans sa municipalit\u00e9 de r\u00e9sidence. Il suit actuellement un parcours de recherche en communication publique.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">***<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 nous autres, Africains post-ind\u00e9pendants, nos \u00c9tats n\u00e9ocoloniaux avaient confectionn\u00e9 un parcours de formation qui avait pour but de nous conduire petit \u00e0 petit vers une inexorable \u00e9quivalence avec les Occidentaux. Notre approche de la connaissance, de la science, nous a ainsi \u00e9t\u00e9 servie assortie du pr\u00e9alable de l\u2019apprentissage de la langue des autres. Ceci s\u2019est traduit, par exemple dans le pays bamil\u00e9k\u00e9 d\u2019o\u00f9 je viens, dans les hauts plateaux de l\u2019Ouest du Cameroun, par la n\u00e9cessit\u00e9 pour tous les jeunes de se plier aux exigences de la langue de Moli\u00e8re, m\u00eame pour esp\u00e9rer comprendre telle r\u00e9action chimique ou telle fonction math\u00e9matique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pourtant, 10+10 = 20, \u00e7a se savait d\u00e9j\u00e0 dans nos familles depuis des lustres. D\u2019ailleurs, pour comprendre (c\u2019est-\u00e0-dire prendre avec soi) les diff\u00e9rentes fonctions math\u00e9matiques que nos enseignants s\u2019\u00e9reintaient \u00e0 nous transmettre en un fran\u00e7ais tout aussi h\u00e9sitant, nous \u00e9tions oblig\u00e9 de recourir, int\u00e9rieurement, au calcul mental dans notre langue. Dans certains villages de l\u2019Ouest du Cameroun, il n\u2019est d\u2019ailleurs pas exclu que l\u2019enseignant lui-m\u00eame, souvent livr\u00e9 \u00e0 d\u2019\u00e9normes difficult\u00e9s de transmission et voyant les regards \u00e9gar\u00e9s de ses \u00e9l\u00e8ves \u00e0 la suite d\u2019une \u00e9ni\u00e8me tentative infructueuse d\u2019explication, ait eu recours \u00e0 la traduction de certains concepts math\u00e9matiques en langue locale, pour enfin susciter un ouf de soulagement de ses \u00e9l\u00e8ves.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quand nous commencions \u00e0 \u00e9tudier les principes des \u00e9quations avec plusieurs variables, l\u2019afflux de nouveaux concepts en langue fran\u00e7aise ne pouvait que faire perdurer des sensations d\u2019handicap chez la majorit\u00e9 de nos camarades. L\u2019invariable, le facteur, les extr\u00eames, les moyens : c\u2019est quoi tout \u00e7a? C\u2019est un cours de math\u00e9matique ou bien un cours de langue fran\u00e7aise? Comment exprimer ces concepts en F\u00e8f\u00e8, en Yemba, en Ghom\u00e1l\u00e1? Ne pas nous enseigner les notions scientifiques dans notre langue, c\u2019\u00e9tait nous causer un grand tort, percevions-nous. On en \u00e9tait m\u00eame arriv\u00e9s \u00e0 penser que les autorit\u00e9s n\u00e9ocoloniales, dont la longue cha\u00eene commen\u00e7ait par nos enseignants et se terminait \u00e0 la t\u00eate de l\u2019\u00c9tat, sinon \u00e0 Paris, ne voulaient pas nous faire comprendre les choses.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est alors que le peuple estudiantin a \u00e9labor\u00e9 et appliqu\u00e9 des m\u00e9canismes de r\u00e9sistance. \u00ab\u00a0 On n\u2019est pas venus sur cette terre pour les regarder faire, bon sang!!! \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"https:\/\/www.projetsoha.org\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/filles-uniformes.jpg\" rel=\"https:\/\/commons.wikimedia.org\/wiki\/File%3ADN-ST-85-08492.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright wp-image-1199\" src=\"https:\/\/www.projetsoha.org\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/filles-uniformes.jpg\" alt=\"filles uniformes\" width=\"228\" height=\"333\" srcset=\"https:\/\/www.projetsoha.org\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/filles-uniformes.jpg 1024w, https:\/\/www.projetsoha.org\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/filles-uniformes-205x300.jpg 205w, https:\/\/www.projetsoha.org\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/filles-uniformes-768x1124.jpg 768w, https:\/\/www.projetsoha.org\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/filles-uniformes-700x1024.jpg 700w, https:\/\/www.projetsoha.org\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/filles-uniformes-103x150.jpg 103w\" sizes=\"auto, (max-width: 228px) 100vw, 228px\" \/><\/a>L\u2019enseignement officiel se faisait dans les \u00e9tablissements scolaires comp\u00e9tents pendant les horaires l\u00e9galement \u00e9tablis. C\u2019\u00e9tait l\u2019\u00e9cole du gouvernement, de l\u2019\u00c9tat, du blanc. On y allait en uniforme, bien ras\u00e9, presque anonymis\u00e9s, align\u00e9s et toujours pr\u00eats \u00e0 chanter, notamment l\u2019hymne national: \u00ab O\u2019 Cameroun, berceau de nos anc\u00eatres \u00bb! On le faisait sans jamais oublier que le nom de notre pays, le Cameroun, vient h\u00e9las du mot portuguais <em>camaroes<\/em>, ou de l\u2019espagnol <em>camerones<\/em> : crevettes!!! \u00c7a, franchement parlant, \u00e7a ne nous arrangeait pas beaucoup! Mais bon, il fallait chanter, et nous chantions!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais voil\u00e8 qu&rsquo;en dehors de ces sentiers officiels d\u2019apprentissage, pleins de liturgies et d&rsquo;autres protocoles, apparut une floraison de <strong>lieux dits de r\u00e9p\u00e9tition<\/strong>. Le mot \u00e0 lui seul m\u00e9rite une analyse bien plus complexe. Qu&rsquo;y r\u00e9p\u00e9tait-on? Les le\u00e7ons apprises \u00e0 l\u2019\u00e9cole, surtout les mati\u00e8res scientifiques : les math\u00e9matiques. Pr\u00e9curseurs des centres de formations priv\u00e9s qui existent aujourd&rsquo;hui, les lieux de r\u00e9p\u00e9tition \u00e9taient des chambres, des petites cours, des jardins, et souvent m\u00eame, pour les plus t\u00e9m\u00e9raires, les salles de classe abusivement occup\u00e9es le soir. Un groupe d\u2019\u00e9l\u00e8ves se formait, <em>dopo scuola<\/em>, autour d\u2019un expert en la mati\u00e8re : un a\u00een\u00e9 qui faisait les classes sup\u00e9rieurs; un enseignant officiel mal pay\u00e9 qui redispense, dans le maki et en langue locale, ce qu\u2019il avait rapidement \u00e9nonc\u00e9 en classe; un volontaire qui se livrait \u00e0 un jeu de prestige&#8230; Les lieux de r\u00e9p\u00e9tition mettaient en sc\u00e8ne la transmission de la connaissance scientifique en langue vernaculaire, en patois, en langue locale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Si on prend \u201cx\u201d on m\u00e9lange avec \u201cy\u201d, \u00e7a va bien donner ce que nous voulions obtenir, sauf que, entre-temps, il faut bien que nous nous rappelions de \u201cz\u201d; r\u00e9sidu de l\u2019op\u00e9ration interm\u00e9diaire, qu\u2019il va falloir juxter \u00e0 \u201cq\u201d<\/em>: \u00e7a donne 30 et \u00e7a confirme notre hypoth\u00e8se. L\u2019\u00e9quation est donc r\u00e9solue! C&rsquo;est ainsi que dans les quartiers et autres faubourgs, en dehors de tout circuit officiel, foisonn\u00e8rent d\u2019\u00e9minents Euclide et Pythagore qui d\u00e9voilaient au besoin les secrets math\u00e9matiques que l\u2019enseignement officiel semblait voiler en utilisant l&rsquo;usage de la langue des autres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Certains groupes de r\u00e9p\u00e9tition n\u2019avaient m\u00eame pas de r\u00e9p\u00e9titeur titulaire. C&rsquo;\u00e9taient g\u00e9n\u00e9ralement des \u00e9tudiants d&rsquo;une m\u00eame classe qui s&rsquo;\u00e9taient auto-organis\u00e9s. Lors des s\u00e9ances d\u2019apprentissage, le plus fort en math\u00e9matique, celui qui avait tout compris \u00e0 l\u2019\u00e9cole, se levait et transmettait l\u2019ontologie \u00e0 ses camarades. 30 minutes plus tard, le voil\u00e0 assis dans la masse des suiveurs, accroch\u00e9 aux l\u00e8vres de l\u2019autre camarade expert en physique. Le jeu de r\u00f4le \u00e9tait tellement bien huil\u00e9 que les discriminations de genre n\u2019y avaient pas de place. Fille ou gar\u00e7on, peu importait, ici c\u2019\u00e9tait une question de <em>knowledge<\/em>, et tout le monde se conformait. L\u2019objectif de tous, c\u2019\u00e9tait de se doter des connaissances n\u00e9cessaires pour passer les prochains examens de contr\u00f4le, passer le dipl\u00f4me de fin d\u2019ann\u00e9e, r\u00e9ussir dans la vie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On pourrait dire, sans \u00eatre capable de le prouver, que la manifestation embryonnaire de ces centres auto-g\u00e9r\u00e9s de r\u00e9p\u00e9tition a eu lieu vers les ann\u00e9es 80, quand l\u2019administration de notre pays semblait ne plus faire pour nous, mais contre nous. Ce qui semblait alors \u00eatre seulement un effort collectif pour mieux comprendre les sciences est\u00a0 devenu, \u00e0 mon sens, un acte de r\u00e9bellion, si ce n&rsquo;est de gu\u00e9rilla s\u00e9miologique. La langue, notre langue, c\u2019\u00e9tait notre condition de sauvegarde. La langue des autres, il fallait l\u2019apprendre, dans la mesure o\u00f9 nous ma\u00eetrisions la n\u00f4tre. Il y aurait dans ce discours, penseront d\u2019aucuns, les germes d\u2019un fondamentalisme dialectal. Ce ne serait pas mal vu en tout cas! Le monde n\u2019est pas toujours juste. D\u2019ailleurs, ces groupes que nous constituions, c\u2019\u00e9tait pour nous secourir les uns les autres, sachant que nous \u00e9tions appel\u00e9s \u00e0 nous suppl\u00e9er, chacun \u00e0 sa fa\u00e7on. C\u2019\u00e9tait la solidarit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"https:\/\/www.projetsoha.org\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/Carolus_Magnus_Schule-Burundi.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-1203 alignleft\" src=\"https:\/\/www.projetsoha.org\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/Carolus_Magnus_Schule-Burundi.jpg\" alt=\"Carolus_Magnus_Schule-Burundi\" width=\"257\" height=\"172\" srcset=\"https:\/\/www.projetsoha.org\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/Carolus_Magnus_Schule-Burundi.jpg 800w, https:\/\/www.projetsoha.org\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/Carolus_Magnus_Schule-Burundi-300x201.jpg 300w, https:\/\/www.projetsoha.org\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/Carolus_Magnus_Schule-Burundi-768x515.jpg 768w, https:\/\/www.projetsoha.org\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/Carolus_Magnus_Schule-Burundi-224x150.jpg 224w, https:\/\/www.projetsoha.org\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/Carolus_Magnus_Schule-Burundi-150x101.jpg 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 257px) 100vw, 257px\" \/><\/a>D\u2019ailleurs, la langue de Moli\u00e8re dans laquelle on nous enseignait sans que nous n\u2019y comprenions grand chose, comment les Fran\u00e7ais l\u2019avaient-ils adopt\u00e9e? Ne peut-on pas dire que, venant contrer l\u2019incompr\u00e9hensible Latin, elle fut elle aussi un instrument de r\u00e9sistance et de solidarit\u00e9 entre les personnes? Il en est ainsi de toutes les langues, oserais-je dire au prix de me faire passer pour Hermog\u00e8ne qui dans le <em>Cratyle<\/em> de Platon, se veut le promoteur d\u2019un conventionnalisme linguistique \u00e0 tout casser. Eh oui, en alg\u00e8bre, le mot \u00ab facteur \u00bb n\u2019a rien d\u2019intrins\u00e8quement num\u00e9rique. On peut alors accepter qu\u2019en ghomala, lors de la multiplication, on puisse le personnifier en le nommant \u00ab <em>ndoh<\/em> \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire le mari des autres nombres. C\u2019est d\u2019ailleurs un mari qui a l\u2019air actif et f\u00e9cond. \u00c9coutez ceci : si \u00ab x \u00bb, se mariant avec 3 nous restitue un r\u00e9sultat \u00e9gal \u00e0 18, alors, les gars, \u00ab x \u00bb est, \u00e0 lui tout seul, l\u2019\u00e9quivalent de 6. C\u2019est-\u00e0-dire 6 x 3 = 18, comme nous disait le professeur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Martin, Susane, Gilbert, Apollinaire, C\u00e9cile, Jacques&#8230; Ce sont certains de mes camarades qui ont laiss\u00e9 l\u2019\u00e9cole trop t\u00f4t, parce que ne comprenant pas bien la langue de Moli\u00e8re. Si on leur avait enseign\u00e9 au moyen de notre <em>Ghom\u00e1l\u00e1<\/em>, il y a longtemps que Martin, en particulier, aurait re\u00e7u le prix Nobel de la zoologie. Lui qui savait parfaitement, depuis notre tendre enfance, la variation des repas, l\u2019heure de consommation et de sieste, les cris d\u2019amour et de peine des rats et des h\u00e9rissons. \u00c0 la diff\u00e9rence des mauvais chasseurs qui tuaient brutalement leur gibier, Martin, le pr\u00e9curseur naturel de l\u2019animalisme, savait tr\u00e8s bien comment le capturer vivant, sans le traumatiser. Des antilopes, des perdrix, des h\u00e9rissons, des rats de brousse. Il leur parlait presque dans leur langue pour mieux les approcher et les capturer. C\u2019est sans doute pour cela qu\u2019il avait mentionn\u00e9 sur sa fen\u00eatre\u00a0 \u00ab les beaux jours sont rats \u00bb, confondant <em>rare<\/em> et <em>rat<\/em>! D\u2019ailleurs, lors de son examen de certificat d\u2019\u00e9tudes primaire et \u00e9l\u00e9mentaire, fait en fran\u00e7ais, il fut envoy\u00e9 \u00e0 un tableau pour \u00e9crire une phrase. Apr\u00e8s maints hurlements nasalisants de l\u2019examinateur, exhortant \u00e0 \u00e9crire \u00ab l\u2019exode rural \u00bb au tableau, c\u2019est avec bien de la coh\u00e9rence que Martin \u00e9crivit \u00ab l\u2019exode du rat \u00bb, d\u2019o\u00f9 son surnom, le ratologue!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si la science avait \u00e9t\u00e9 ouverte, il aurait \u00e9t\u00e9 reconnu comme le meilleur zoologue, ce qu\u2019il \u00e9tait exactement. Sauf que l\u00e0, il n\u2019y a plus que moi pour vous en parler!<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Auteur : Raymon Dassi N\u00e9 \u00e0 Baloum dans le D\u00e9partement de Menoua au Cameroun, Raymon Dassi a fait ses \u00e9tudes \u00e9l\u00e9mentaires dans son village. 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